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Tanzanie, une démocratie sous pression

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Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme exprime une vive inquiétude face au durcissement des autorités tanzaniennes après un scrutin présidentiel contesté.

Les Nations unies ont fait état, ce vendredi, d’une inquiétante escalade des mesures répressives en Tanzanie. Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, les autorités ont considérablement renforcé leur contrôle depuis les élections générales de fin octobre, marquées par de graves violences. Le scrutin, dont la régularité a été mise en cause par des observateurs internationaux, a déclenché une vague de contestation sévèrement réprimée.

Des sources onusiennes évoquent plusieurs centaines de victimes et plus de deux mille arrestations lors des manifestations post-électorales. Les forces de sécurité sont accusées d’avoir fait un usage disproportionné de la force. La situation demeure extrêmement tendue, avec des dizaines de nouvelles interpellations signalées depuis la mi-novembre, visant notamment des universitaires, des militants de la société civile et des responsables politiques locaux.

Le gouvernement a par ailleurs adopté une série de dispositions qui suscitent l’alarme. Le renforcement de la présence policière et militaire, les restrictions sur la distribution de carburant et le renforcement de la surveillance numérique sont perçus comme des facteurs susceptibles d’attiser les tensions. L’interdiction générale de toute manifestation à l’occasion de la fête nationale, prévue le 9 décembre, a été qualifiée de mesure excessive par les experts onusiens.

Ces derniers appellent à la libération immédiate des personnes détenues de manière arbitraire et rappellent aux autorités leur obligation de garantir les libertés fondamentales. Ils exhortent les forces de l’ordre à planifier leurs interventions de manière à permettre l’exercice pacifique des droits de réunion et d’expression, et à privilégier systématiquement la désescalade.

La communauté internationale observe la situation avec une attention particulière. Plusieurs ambassades européennes, ainsi que la délégation de l’Union européenne, ont publié une déclaration commune pour exprimer leur profonde préoccupation. Elles ont invité le gouvernement tanzanien à respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains et à faire preuve de la plus grande retenue. Cette prise de position intervient après que les autorités de Dar es Salaam ont demandé aux diplomates étrangers de ne pas commenter les événements liés aux élections.

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