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Taïwan révolutionne la collecte des déchets avec une méthode musicale

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Une mélodie classique annonce le passage des camions-poubelles, incitant les habitants à trier eux-mêmes leurs ordures. Un système qui a transformé les rues de l’île.

À Taïwan, la gestion des déchets repose sur une approche aussi originale qu’efficace. Cinq fois par semaine, des camions équipés de haut-parleurs parcourent les rues en diffusant des airs classiques, signalant ainsi leur arrivée aux riverains. Ceux-ci sortent alors de chez eux, sacs à la main, pour déposer directement leurs ordures dans les bennes. Une méthode qui a radicalement changé les habitudes en matière de tri et de propreté publique.

Ce dispositif, en place depuis les années 1960, s’est imposé comme une solution pragmatique face à l’explosion des déchets liée à la croissance économique. Les autorités ont progressivement responsabilisé les citoyens, les incitant à séparer les déchets alimentaires, les plastiques et les autres rebuts. À Taipei, les habitants doivent même utiliser des sacs bleus officiels, dont le prix encourage la réduction des volumes jetés.

Les résultats sont probants. Le taux de recyclage de la capitale taïwanaise avoisine désormais les 67 %, contre à peine 2 % au début des années 2000. Parallèlement, la quantité de déchets destinés à l’incinération a chuté de près des deux tiers. Un succès qui s’explique aussi par la ponctualité des collectes, assurées presque sans faille selon les responsables locaux.

Si certains résidents, notamment les plus jeunes, jugent le système contraignant, d’autres y voient une opportunité. Certaines personnes âgées, comme Yang Xiu-ying, en ont même fait une activité rémunérée, aidant leurs voisins à se débarrasser de leurs ordures contre une petite somme. Pour d’autres, ce rituel quotidien est avant tout un moment de sociabilité, permettant aux anciens de se retrouver et d’échanger quelques mots.

Face aux contraintes horaires, des alternatives numériques émergent, comme l’application Tracle, qui propose des créneaux de ramassage sur réservation. Mais pour beaucoup, le passage des camions musicaux reste un symbole fort d’une politique environnementale qui a su concilier efficacité et lien social.

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