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Soixante ans après, l’affaire Ben Barka pourrait connaître un tournant décisif

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Le fils de l’opposant marocain disparu en 1965 affirme que l’enquête judiciaire française progresse enfin, après des décennies d’obstacles et de silences.

Bachir Ben Barka, fils du leader anticolonialiste Mehdi Ben Barka, a été entendu cette semaine par la magistrate en charge du dossier. Cette audition, la première depuis 2019, marque une reprise des investigations dans une affaire ouverte il y a près d’un demi-siècle. Selon lui, la juge chargée du dossier fait preuve d’une implication notable, examinant avec rigueur des éléments parfois négligés par le passé.

Disparu en plein Paris le 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka n’a jamais été retrouvé. Condamné à mort par contumace au Maroc, l’homme politique était une figure majeure de l’opposition au régime de Hassan II. Les circonstances de son enlèvement, impliquant des services secrets marocains, des policiers français et des criminels, ont été partiellement établies lors d’un procès en 1967. Mais les zones d’ombre demeurent nombreuses, alimentant les spéculations sur le sort de son corps.

Bachir Ben Barka se refuse à toute conclusion hâtive, malgré les multiples hypothèses avancées au fil des ans. Il déplore en revanche les lenteurs administratives et les blocages persistants, notamment du côté des autorités marocaines et françaises. Les demandes d’entraide judiciaire restent sans réponse, et certaines pièces déclassifiées récemment figuraient déjà dans le dossier, selon lui.

Parmi les suspects encore vivants figurent deux hommes visés par des mandats d’arrêt émis en 2007. Les autres sont décédés, réduisant les chances d’établir toute la vérité. Malgré ces obstacles, l’avocate de la famille souligne que le temps peut aussi jouer en faveur de la justice, libérant certaines paroles ou permettant l’accès à des archives sensibles.

En 2010, une perquisition aux services secrets français avait permis de saisir des centaines de documents, mais seule une infime partie a été rendue publique. La bataille pour obtenir davantage de transparence se poursuit, dans l’espoir de percer enfin ce qui reste l’une des énigmes politiques les plus opaques de l’histoire contemporaine.

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