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Culture

Slovaquie : la culture sous le joug d’une purge nationaliste sans précédent

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En un an, la ministre slovaque de la Culture a écarté les têtes pensantes des institutions artistiques, plongeant le milieu dans la consternation et l’inquiétude.

Le paysage culturel slovaque traverse une crise profonde depuis l’arrivée au pouvoir d’une équipe gouvernementale marquée par des orientations nationalistes. La ministre en charge du secteur, Martina Simkovicova, a mené une vague de remplacements massifs à la tête des principales institutions publiques, suscitant l’indignation des professionnels et des observateurs. Ancienne animatrice télévisée, elle justifie ces mesures par la volonté de défendre une « culture slovaque authentique », tout en dénonçant un supposé gaspillage des fonds publics par les élites libérales.

Parmi les victimes de cette restructuration brutale, Matej Drlicka, ancien directeur du Théâtre national, raconte son éviction dans des conditions humiliantes. Réveillé en pleine matinée par des envoyés du ministère, il a été sommé de quitter ses fonctions sans ménagement. Lui qui avait redressé la situation financière de l’institution et forgé une réputation internationale dénonce aujourd’hui une politique culturelle guidée par l’idéologie plus que par la compétence.

Branislav Panis, ex-directeur du Musée national, a connu un licenciement plus protocolaire, mais n’en critique pas moins la stratégie du gouvernement. Selon lui, les coupes budgétaires et la perte de partenariats internationaux risquent de faire reculer le pays de plusieurs décennies. Le secteur culturel, déjà fragilisé, pourrait se retrouver isolé, privé de moyens et de reconnaissance.

Zuzana Liptakova, ancienne responsable de la Maison internationale des arts pour enfants, témoigne également d’une gestion chaotique. Son départ précipité, suivi de celui de plusieurs collaborateurs, a jeté le trouble dans l’institution. Son remplacement par une profane en matière artistique a achevé de discréditer une structure autrefois dynamique.

Ces témoignages dessinent le portrait d’une politique culturelle autoritaire, où l’idéologie prime sur l’expertise. Les professionnels s’alarment d’un retour en arrière, craignant que la Slovaquie ne s’enferme dans un isolement culturel aux conséquences durables.

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