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Sarkozy, l’ombre portée de la droite française

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Malgré des condamnations judiciaires récentes, l’ancien président de la République conserve une influence déterminante sur la vie politique. Son bureau parisien reste un passage obligé pour les figures montantes comme pour les dirigeants établis.

L’activité politique de Nicolas Sarkozy ne faiblit pas, en dépit de ses récents revers devant la justice. Quelques jours avant sa condamnation dans le dossier libyen, l’ancien chef de l’État recevait encore le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans ses bureaux proches de l’Élysée. Ces rencontres suivent celles, déjà notées, avec Gabriel Attal ou Jordan Bardella, illustrant un carnet d’adresses qui demeure des plus fournis.

Début septembre, dans les colonnes du Figaro, l’ancien locataire de l’Élysée révélait avoir soumis à Emmanuel Macron, lors d’un entretien estival, l’idée d’une dissolution de l’Assemblée nationale comme unique issue à la crise politique. Une suggestion restée sans suite, M. Sarkozy reconnaissant lui-même que le président actuel « ne l’écoute pas toujours ». Preuve en fut, selon lui, son incapacité à empêcher la nomination de François Bayrou à Matignon en décembre dernier, après être venu exprimer son opposition à l’Élysée.

La stature de l’ancien président, bien que discutée en interne, continue de susciter l’enthousiasme lors des rassemblements de son parti, Les Républicains, où la simple mention de son nom déclenche des ovations. Ses mémoires rencontrent par ailleurs un franc succès en librairie. Récemment, il a relancé le débat en qualifiant le Rassemblement national d’appartenant à « l’arc républicain », une prise de position ayant provoqué de vives réactions à gauche. Il a également regretté l’absence actuelle d’un « leader incontournable » à droite, malgré la victoire de Bruno Retailleau.

Cette activité soutenue se déroule principalement dans son bureau de Miromesnil, où se succèdent responsables LR et personnalités d’autres bords politiques. Un élu LR habitué des lieux confie, non sans malice, qu’il est préférable d’y prendre rendez-vous en fin de journée pour éviter d’être critiqué par M. Sarkozy immédiatement après la rencontre précédente.

Face aux condamnations judiciaires de leur ancien leader, les dirigeants des Républicains adoptent une position mesurée. Bruno Retailleau a exprimé son soutien et l’espoir que son innocence soit reconnue en appel. Laurent Wauquiez a salué sobrement l’homme d’État, tandis que François-Xavier Bellamy a dénoncé un « jugement politique ». L’influence de l’ancien président sur la ligne du parti reste tangible. Il y a un an, son appel à rejoindre le gouvernement avait précédé l’entrée de Michel Barnier à Matignon et l’arrivée de plusieurs ministres LR, dont Bruno Retailleau, dont la popularité a depuis redonné des couleurs à la formation.

Cependant, cette influence a ses limites. Le projet de son fils, Louis Sarkozy, de se présenter à la mairie de Menton, a vu sa validation par la commission nationale d’investiture du parti être reportée, signe que l’héritage sarkozyste ne bénéficie pas d’un traitement automatique.

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