Société
Rachida Dati face à la justice
L’ancienne ministre de la Culture et l’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn vont connaître le calendrier de leur procès pour des faits présumés de corruption et de trafic d’influence.
La date de l’audience correctionnelle concernant Rachida Dati et Carlos Ghosn doit être fixée ce lundi après-midi lors d’une audience dédiée au tribunal de Paris. Les deux personnalités sont mises en cause dans une affaire de corruption et de trafic d’influence, instruite depuis 2019, et dont les implications politiques sont considérables. Rachida Dati, qui a récemment reçu l’investiture de son parti pour conduire la campagne des élections municipales à Paris, conteste fermement les accusations portées contre elle.
L’ancienne ministre de la Culture, âgée de 59 ans, est poursuivie pour recel d’abus de pouvoir, abus de confiance, corruption passive et trafic d’influence lié à son mandat au Parlement européen. Les enquêteurs estiment qu’elle a perçu près de 900 000 euros entre 2010 et 2012 au titre de prestations de conseil, formalisées par une convention signée avec une filiale de Renault-Nissan, sans que ces activités aient été réellement exercées. Les magistrats considèrent que son rôle au Parlement européen s’apparentait à du lobbying, en contradiction avec ses fonctions d’élue et son statut d’avocate.
De son côté, Carlos Ghosn, âgé de 71 ans et détenteur de trois nationalités, est visé par des accusations d’abus de pouvoir, d’abus de confiance, de corruption active et de trafic d’influence. Réfugié au Liban depuis la fin de l’année 2019 après avoir quitté le Japon dans des conditions rocambolesques, il est également concerné par cette procédure judiciaire.
Rachida Dati a toujours défendu la réalité de son travail d’avocate et rejeté toute accusation de lobbying au sein du Parlement européen. Elle s’était notamment interrogée sur la nécessité pour Carlos Ghosn, alors à la tête d’un géant automobile mondial, de recourir à ses services. Par ailleurs, l’élue fait l’objet d’une enquête distincte portant sur l’éventuelle omission de déclaration de bijoux de luxe auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, ce qu’elle conteste également.
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