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Procès en Italie pour un naufrage meurtrier en Calabre

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Six fonctionnaires italiens sont jugés pour leur rôle présumé dans le sauvetage manqué d’une embarcation de migrants, dont le drame avait provoqué une vive émotion en février 2023.

La cour d’assises de Crotone, en Calabre, examine depuis vendredi les responsabilités de six agents des forces de l’ordre dans la gestion des événements ayant précédé le naufrage d’un bateau de migrants. L’embarcation, partie de Turquie avec des ressortissants afghans, iraniens, pakistanais et syriens à son bord, s’était brisée sur des rochers au large de Cutro dans la nuit du 26 février 2023. Le bilan officiel fait état de quatre-vingt-quatorze disparus, dont trente-cinq mineurs, ce qui en fait l’une des plus graves catastrophes maritimes survenues ces dernières années dans les eaux italiennes.

Les prévenus, quatre membres de la Guardia di Finanza et deux des garde-côtes, sont poursuivis pour homicide involontaire et pour un délit spécifique du code pénal, le naufrage par négligence. Les magistrats estiment que les opérations de secours ont été entachées de graves manquements. Un avion de l’agence européenne Frontex avait pourtant signalé le navire en difficulté plusieurs heures avant le drame. Un patrouilleur dépêché sur zone aurait finalement rebroussé chemin en raison des conditions météorologiques, laissant l’embarcation dériver jusqu’à son échouement fatal.

L’accusation souligne des défaillances dans la transmission des informations entre les différents centres de commandement, éloignés du théâtre des opérations. Ces dysfonctionnements auraient empêché une évaluation correcte de l’urgence. La défense des agents mis en cause avance quant à elle que ses clients n’ont pu agir en l’absence de données suffisantes remontées par leurs subordonnés.

Ce procès intervient dans un contexte politique sensible, le drame ayant suscité de vives critiques à l’encontre de la ligne gouvernementale en matière de migration. Plusieurs organisations non gouvernementales, constituées parties civiles, considèrent cette affaire comme emblématique d’une approche privilégiant le contrôle des frontières au détriment de l’assistance humanitaire. Le gouvernement avait pour sa part immédiatement imputé la responsabilité aux réseaux de passeurs, renforçant par la suite la législation les concernant. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs été condamnés à de lourdes peines de prison par la justice italienne.

Cette tragédie rappelle les risques permanents encourus par les candidats à la traversée de la Méditerranée centrale. Malgré une baisse significative des arrivées sur les côtes italiennes par rapport à 2023, les tentatives se soldent encore par de nombreuses disparitions en mer, selon les chiffres des agences internationales.

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