Faits Divers
Procès de Villerupt : le récit fantaisiste de l’accusé face à la parole des blessés
_**Devant la cour d’assises de Nancy, les victimes d’une fusillade survenue en 2023 ont décrit des vies brisées. L’homme jugé pour ces faits maintient une version confuse, imputant les tirs à un mystérieux tiers.**_
Les dénégations d’Abdelkrim Bellot, poursuivi pour une fusillade ayant fait cinq blessés à Villerupt en mai 2023, ont été confrontées jeudi à la parole des victimes. Face à la cour, plusieurs d’entre elles ont évoqué les séquelles physiques et psychologiques de cette journée. L’une d’elles, une mère de famille, a longuement décrit comment l’existence de son fils, alors étudiant, avait basculé après qu’il eut été atteint par un projectile alors qu’il jouait au football. L’homme, âgé de 22 ans à l’époque, a subi un hémopneumothorax et a relaté avoir éprouvé la pire douleur de sa vie.
Interpellé directement par cette mère, l’accusé, visiblement ému, a déclaré comprendre sa peine, tout en réitérant son innocence. Il a persisté à affirmer n’être pas l’auteur des coups de feu. Selon sa version, exposée à plusieurs reprises depuis l’ouverture des débats, le véritable tireur serait un homme sans papiers rencontré au Luxembourg, qui aurait agi de son propre chef pour le venger d’une agression subie par son frère. Cette hypothèse a été accueillie avec scepticisme par la cour.
Le président a rappelé que l’intéressé avait, au cours de l’instruction, reconnu être le tireur et fourni de nombreux détails sur le déroulement des faits, évoquant notamment la difficulté à tenir l’arme ou la distance par rapport aux victimes. Face à ces contradictions, le magistrat a qualifié l’imagination de l’accusé de « très fertile ». Celui-ci a rétorqué n’avoir jamais eu l’intention de tuer, affirmant avoir demandé que les tirs soient dirigés vers le sol. Il a concédé que le résultat avait été « catastrophique », exprimant ses regrets.
Plus tôt dans l’audience, d’autres victimes avaient livré des témoignages poignants. Un jeune homme de 23 ans a expliqué s’être « vu mourir » après avoir reçu trois balles, l’une passant à proximité immédiate du cœur. Une femme de 32 ans a décrit se sentir « morte à l’intérieur » depuis qu’elle a été touchée à la fesse en protégeant son enfant en bas âge. Plusieurs ont insisté sur le sentiment d’être des « victimes collatérales » dont l’existence a été durablement affectée.
L’accusé, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative d’assassinat, a justifié ses premiers aveux par un désir de vengeance familial, évoquant l’humiliation subie par son frère, dont l’agression avait été filmée et diffusée. Il a déclaré avoir initialement endossé le rôle du tireur dans un « mensonge généralisé ». Le verdict est attendu vendredi.
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