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Privé de son public, l’orchestre de Franche-Comté fait la tournée des lycées

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Il devait jouer devant 1.200 personnes, il se retrouve dans des lycées: contraint par la pandémie d’annuler tous ses concerts, l’orchestre Victor Hugo Franche-Comté (OVHFC) investit de nouveaux lieux pour continuer à se produire, tout en réclamant un calendrier de reprise pour retrouver la « magie » de la scène.

Les mélodies de Wagner, Bach ou Mozart raisonnent entre les rayonnages de manuels scolaires rangés par catégorie, « sciences de la nature », « mathématiques » ou « géographie ». Au CDI du lycée Germaine Tillon de Montbéliard jeudi, ils sont onze musiciens, installés en cercle, au centre duquel viennent s’asseoir, par groupes de six, élèves et professeurs, pour les écouter.

Le dispositif, minimaliste, a été conçu pour respecter les consignes sanitaires, mais il offre au spectateur d’être au plus près des instruments.

« C’est super bien, on est plongé au cœur de la musique, on peut ressentir toutes les sensations qu’on veut si on arrive à se concentrer », s’enthousiasme Morgane, 15 ans, en seconde professionnelle. « Les percussions, j’avais l’impression que c’était les battements de mon cœur ».

« C’est une vraie chance pour nos élèves, qui n’ont pour la grande majorité d’entre eux, jamais entendu de musique classique en direct », abonde Katia Faedo, professeure de lettres, qui se dit « déçue de ne pas pouvoir emmener (ses) élèves au théâtre dans le contexte actuel ».

« Maintenir un maximum d’activité »

Selon sa programmation, l’orchestre aurait dû à la place se produire au théâtre Ledoux, scène nationale à Besançon, sous la direction de Dina Gilbert, cheffe d’orchestre canadienne de renom. La manifestation a évidemment été annulée à cause de l’épidémie de Covid-19.

« On s’adapte à la situation, avec le souci de maintenir un maximum d’activité », explique Vincent Adami, administrateur de l’OVHFC. « Dès qu’une annulation intervient, on essaie de rebondir, de monter un autre projet ».

Ainsi, grâce au maintien des subventions, la direction a réussi à trouver des alternatives à chacun des concerts annulés depuis le mois d’octobre, en mettant en place des enregistrements pour la radio ou la télévision, ou en allant à la rencontre des habitants avec ce dispositif, intitulé « Au cœur de l’orchestre ». Celui-ci est décliné dans huit établissements scolaires de la région Bourgogne-Franche-Comté, après être passé par d’autres lieux publics.

« C’est un mal pour un bien », concède Vincent Adami. « Au final, on va toucher plus de monde, presque 1.400 élèves avec cette formule, que si on avait été dans la salle de spectacle », se réjouit-il, estimant que ce type de proposition répond à la « mission de service public » assignée à l’orchestre, à laquelle il est très attaché.

« C’était vital »

Un an après l’imposition des premières restrictions et fermetures dans le milieu culturel, tous les personnels de l’OVHFC applaudissent cette poursuite de l’activité malgré les contraintes.

« C’était vital. Si on n’avait pas pu se réunir depuis un an, il est évident que ce serait la mort de l’orchestre », juge le délégué général, David Olivera.

« Et vu le contexte, c’est une chance de travailler », abonde Cyril Vouriot, technicien au statut d’intermittent. « Par rapport à certains amis qui n’ont rien depuis six mois, voire plus, ça offre davantage de sécurité et de sérénité » confie-t-il, même si les droits des intermittents sont assurés jusqu’au 31 août. « Ca permet de voir venir, au moins un petit peu ».

L’orchestre s’associe néanmoins aux revendications exprimées par les instances représentatives du secteur, rassemblées jeudi dans une vingtaine de villes de France pour réclamer un « calendrier réaliste » de réouverture des lieux culturels et des garanties en termes d’emploi. « Si je n’avais pas dû être ici (au lycée), j’aurais été à la mobilisation de Besançon », assure le technicien.

« L’époque fait qu’on cherche des manières de travailler différentes, on doit continuer à jouer ensemble pour exister », conclut la violoniste Isabelle Debever, co-soliste au sein de l’orchestre. « Mais on a besoin du côté magique de la scène ».

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Culture

Plateformes de streaming : 7 000 artistes réclament une meilleure rémunération

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Plateformes de streaming : 7 000 artistes réclament une meilleure rémunération

À la veille du Festival de Cannes, 7 000 acteurs signent une tribune pour dénoncer le non-respect de la loi sur la rémunération proportionnelle de leurs œuvres.

Alors que le Festival de Cannes s’apprête à ouvrir ses portes pour sa 77e édition, une tribune signée par 7 000 acteurs français fait grand bruit. Cette déclaration exprime le mécontentement des artistes face à la rémunération jugée insuffisante de leurs œuvres par les plateformes de streaming.

Parmi les signataires de cette tribune, des personnalités telles que Julie Gayet, Samuel Le Bihan, Benoît Magimel et Thierry Lhermitte réclament une application stricte de la loi du 12 mai 2021. Cette loi prévoit une rémunération supplémentaire proportionnelle au succès des œuvres diffusées sur les plateformes en ligne.

Trois ans après l’adoption de cette loi, les acteurs constatent qu’elle n’est toujours pas mise en application. Dans leur tribune, ils évoquent la possibilité d’un mouvement de grève similaire à celui ayant eu lieu à Hollywood, ayant entraîné des pertes considérables pour l’industrie cinématographique américaine.

Anne Bouvier, présidente de l’Adami, soutient cette initiative et appelle à un soutien gouvernemental pour faire respecter les droits des artistes. Elle souligne également une montée de la colère parmi les acteurs français, notamment ceux œuvrant dans les séries télévisées quotidiennes.

L’acteur et réalisateur Sam Karmann, dans une déclaration au Parisien, espère que la raison et la loi prévaudront, mais n’exclut aucune forme de mobilisation pour faire entendre les revendications des acteurs.

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Culture : le secteur de l’édition demande d’interdire la pub télé pour les livres

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Culture : le secteur de l'édition demande d'interdire la pub télé pour les livres

Le Syndicat national de l’édition demande l’abrogation d’un décret autorisant la publicité télévisée pour les livres, craignant un impact négatif sur la création littéraire.

Le Syndicat national de l’édition (SNE) a lancé un appel au gouvernement mercredi pour interdire la publicité télévisée pour les livres, arguant qu’une telle mesure pourrait entraîner « un appauvrissement de la création littéraire ».

Cette prise de position fait suite à un décret du 5 avril qui autorise la publicité télévisée pour les livres à titre expérimental pendant deux ans. Le SNE, inquiet des conséquences potentielles de cette décision, demande fermement son abrogation.

Le décret en question suscite des préoccupations au sein de l’industrie de l’édition, notamment quant à la fragilisation du secteur et à l’éventuelle réduction de la diversité littéraire. Le ministère de la Culture avait ouvert une consultation publique sur cette mesure en janvier et février, mais les résultats de cette consultation n’ont pas été rendus publics avant la publication du décret au Journal officiel, ce qui a pris de court de nombreux acteurs du secteur.

Le SNE a exprimé son désaccord lors de cette consultation, soulignant la nécessité de maintenir l’équilibre dans une industrie caractérisée par sa grande diversité. Il déplore également le manque d’encadrement précis et d’engagement en faveur de la promotion du livre et de la lecture à la télévision dans le cadre de cette expérimentation.

Jusqu’à présent, une seule maison d’édition, les éditions XO, a diffusé un spot télévisé, affirmant avoir toujours milité en faveur de cette forme de publicité.

Cette opposition à la publicité télévisée pour les livres n’est pas seulement portée par les éditeurs, mais également par l’organisation des libraires, le Syndicat de la librairie française, qui s’aligne sur la position du SNE. « Avec l’ensemble de la filière, nous avons toujours été fermement opposés à la publicité télévisée pour les livres. Et nous l’avons réaffirmé lors de la consultation publique », a déclaré Guillaume Husson, délégué général du Syndicat de la librairie française.

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Emmanuel Macron soutient la participation d’Aya Nakamura aux JO de Paris 2024

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Emmanuel Macron soutient la participation d'Aya Nakamura aux JO de Paris 2024

Le Président de la République estime que la chanteuse a « tout à fait sa place » lors de la cérémonie olympique.

Lors de l’inauguration du centre aquatique olympique de Saint-Denis, Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la participation de la chanteuse Aya Nakamura à la cérémonie des Jeux olympiques de Paris 2024, affirmant qu’elle avait « tout à fait sa place ».

Face à la presse, le président de la République a déclaré que la présence d’Aya Nakamura lors de la cérémonie d’ouverture ou de clôture des Jeux serait « une bonne chose si elle en fait partie avec d’autres », soulignant que l’artiste « parle à bon nombre de nos compatriotes ».

Cependant, Emmanuel Macron a rappelé que la décision finale revenait à la direction artistique, dirigée par Monsieur Thomas Joly, responsable des cérémonies des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Cette prise de position intervient après plusieurs semaines de polémique autour d’une possible participation d’Aya Nakamura, la chanteuse franco-malienne étant la cible de critiques de la part de la droite et de l’extrême droite.

Toutefois, la situation semble évoluer favorablement pour l’artiste, puisque les belles-sœurs et héritières d’Édith Piaf ont exprimé leur soutien à l’idée qu’Aya Nakamura interprète une chanson de la Môme lors des JO de Paris, après avoir été sollicitées pour l’utilisation de « L’Hymne à l’amour » lors d’une cérémonie.

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