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Paris 2026, l’heure des choix décisifs

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À trois jours du premier tour, les deux principaux prétendants à l’Hôtel de Ville ont livré leurs ultimes arguments devant des salles combles, campant sur des lignes de fracture politiques profondes.

La campagne pour la mairie de Paris entre dans sa phase décisive. Jeudi soir, les meetings de clôture d’Emmanuel Grégoire et de Rachida Dati ont résumé les enjeux d’un scrutin dont l’issue reste incertaine. Les deux candidats, donnés en tête des intentions de vote, ont martelé des messages antagonistes devant des partisans mobilisés. La candidate Les Républicains et MoDem a placé son ultime rassemblement sous le signe du rassemblement de la droite et du centre, tandis que le premier adjoint sortant a appelé à faire barrage à ce qu’il présente comme une coalition des droites.

Devant plus d’un millier de personnes réunies à l’Elysée Montmartre, Rachida Dati a insisté sur la nécessité du vote utile pour permettre l’alternance. Elle a exhorté à unir « de la droite la plus affirmée jusqu’au centre », tout en réaffirmant son refus de tout accord avec la candidate de Reconquête, Sarah Knafo. Selon elle, une telle alliance serait incompatible avec les attentes d’une majorité de Parisiens. Elle a également mis en cause la candidature de Pierre-Yves Bournazel, l’accusant de faire obstacle à une victoire de la droite par son maintien.

Quelques kilomètres plus loin, au Cirque d’Hiver, Emmanuel Grégoire s’est adressé à environ trois mille soutiens. Le candidat de l’union de la gauche, excluant La France insoumise, a dénoncé une « alliance objective » entre la droite et l’extrême droite. Il a estimé que cette coalition visait à s’emparer de la capitale dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. « Paris résistera », a-t-il assuré. Il a par ailleurs évoqué la procédure judiciaire en cours visant son adversaire, s’interrogeant sur la possibilité d’avoir un maire potentiellement condamné.

La gauche parisienne doit également composer avec ses propres divisions. Emmanuel Grégoire, qui refuse toute alliance avec la candidate LFI Sophia Chikirou, n’a pas prononcé son nom durant son discours. Il espère visiblement que la députée sera éliminée dès dimanche, bien que les sondages la placent légèrement au-dessus du seuil pour se maintenir. De son côté, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon prône des fusions techniques au second tour pour contrer la droite, mais exclut tout désistement pur et simple.

Cette fin de campagne a également été marquée par des polémiques récurrentes, notamment sur la gestion des affaires de violences dans le secteur périscolaire, dont la majorité sortante a été tenue pour responsable. Emmanuel Grégoire a promis une refonte complète du système avec des résultats exigibles à court terme. Dans un contexte aussi tendu, les tractations post-premier tour s’annoncent complexes, aucun candidat ne semblant en mesure de l’emporter sans négociations. Le scrutin parisien, reflet des fractures nationales, se jouera dans un mouchoir de poche.

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