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Ormuz, l’artère vitale du pétrole mondial sous surveillance militaire

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Ce goulet maritime, verrou stratégique de premier ordre, cristallise les tensions régionales. Son blocage éventuel menacerait directement les approvisionnements énergétiques planétaires.

Ce passage maritime, large d’une cinquantaine de kilomètres seulement, constitue l’unique débouché des eaux du Golfe vers l’océan Indien. Sa configuration géographique, marquée par des profondeurs n’excédant pas soixante mètres et parsemée d’îles aux positions clés, en fait un point de transit à la fois indispensable et extrêmement vulnérable. La souveraineté sur plusieurs de ces îlots, comme les îles Tomb et Abou Moussa occupées par Téhéran depuis 1971, reste un sujet de contentieux permanent.

L’importance économique du détroit est colossale. Près d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, soit environ vingt millions de barils par jour, y transite. Une part substantielle du commerce de gaz naturel liquéfié, principalement qatari, emprunte également cette voie. La grande majorité de ces hydrocarbures est destinée aux marchés asiatiques. Seuls quelques oléoducs, d’une capacité limitée, permettent à certains pays riverains de contourner ce goulot d’étranglement.

La sécurité de cette artère vitale est un enjeu de puissance. Les forces navales des Gardiens de la Révolution iraniens y patrouillent régulièrement, affirmant leur rôle de garant de la sécurité régionale face à la présence affirmée de la Ve Flotte américaine, basée à Bahreïn. Cette cohabitation sous tension génère un terrain propice aux incidents. L’histoire du détroit est jalonnée de périodes de fortes turbulences, à l’image de la « guerre des pétroliers » des années 1980, qui avait entraîné des centaines de navires endommagés et des pertes civiles tragiques.

Ces dernières années, la région a connu une recrudescence d’actes de coercition maritime, incluant des arraisonnements, des saisies de navires ou des approches jugées provocatrices. Ces événements surviennent souvent dans un contexte de crispation diplomatique plus large, notamment autour du dossier nucléaire iranien. Chaque incident, qu’il concerne un pétrolier ou un porte-conteneurs, est immédiatement instrumentalisé, les accusations se heurtant systématiquement aux démentis, illustrant la porosité entre actions militaires, enjeux économiques et guerre narrative. La stabilité de ce corridor maritime reste donc suspendue à l’équilibre précaire des rapports de force dans la région.

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