Monde
Noël sous les sirènes, la vie malgré tout à Kiev
Dans la capitale ukrainienne, les illuminations festives coexistent avec la menace permanente des frappes. Les habitants, façonnés par près de quatre ans de conflit, composent au quotidien avec ce déchirement intime entre célébration et survie.
Devant un sapin géant, des enfants tournent sur un manège illuminé tandis que des couples dégustent du vin chaud. Le décor semble familier, celui d’un marché de Noël européen. Pourtant, à Kiev, cette normalité apparente est un fragile équilibre. Elle est régulièrement rompue par le hurlement des sirènes et le grondement des explosions, rappels brutaux d’une guerre qui entre dans sa quatrième année. Les habitants ont appris à vivre avec cette dualité constante, partagés entre le désir de préserver des moments de légèreté et la dure réalité des bombardements.
Une jeune femme évoque cette étrange scission. On peut apprendre le matin qu’une frappe a fait des victimes dans la ville et, quelques heures plus tard, se retrouver au travail ou parmi les stands festifs. Cette capacité à compartimenter son esprit est devenue une forme de résilience ordinaire. Beaucoup insistent sur la nécessité de maintenir des gestes simples, comme partager un repas ou prendre une photographie, pour échapper, ne serait-ce qu’un instant, à l’omniprésence du conflit.
Les infrastructures elles-mêmes portent les stigmates de la guerre. Les générateurs électriques bourdonnent pour alimenter les guirlandes et les attractions, palliant les coupures de courant devenues chroniques. Les autorités ont d’ailleurs appelé à une consommation énergétique sobre, rappelant que les décorations lumineuses ne sont pas une priorité. Malgré ces contraintes, des festivités sont organisées, symboles d’une vie qui tente de persister.
Pour les plus âgés comme pour les plus jeunes, l’adaptation est une évidence. Une grand-mère décrit une routine bien rodée à chaque alerte, entre consultation des applications officielles et décision de se mettre à l’abri ou non. Sa petite-fille, qui a à peine connu autre chose que la guerre, se plaint des pannes d’électricité avec une forme de résignation précoce. Les enfants savent, explique-t-elle, ils se sont habitués.
Cette période de fin d’année, célébrée selon différentes dates selon les traditions familiales, soulève des questions intimes. Certains avouent avoir perdu toute envie de fêter quoi que ce soit, estimant que les événements leur ont volé cette légèreté. D’autres, au contraire, voient dans le maintien des traditions un acte de résistance et de piété envers ceux qui se battent ou qui sont tombés. Se marier, avoir des enfants, partager un moment chaleureux deviennent alors des affirmations vitales, une manière de refuser l’anéantissement.
Près de la cathédrale Sainte-Sophie, un sapin scintille dans la nuit. Non loin de là, une jeune femme évoque, les larmes aux yeux, les funérailles récentes d’un soldat. La douleur et l’espoir, la mort et la continuation de la vie sont inextricablement mêlés. Continuer à vivre, pour honorer ceux qui ne sont plus et pour préserver l’avenir de ceux qui restent, telle est l’équation douloureuse et quotidienne des Ukrainiens en ce Noël de guerre.
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