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Négociations ukraino-russes à Genève, un dialogue sous haute tension

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Les pourparlers trilatéraux, sous médiation américaine, se sont poursuivis dans un climat décrit comme particulièrement difficile, alors que les frappes russes sur l’Ukraine se sont intensifiées à la veille des discussions.

Les délégations russe, ukrainienne et américaine se sont retrouvées mardi à Genève pour une nouvelle session de discussions, la troisième du genre. Selon une source anonyme proche de la délégation russe, les échanges, qui ont duré six heures, ont été marqués par une atmosphère très tendue. Les parties ont convenu de reprendre leurs travaux mercredi.

Ces pourparlers se déroulent à huis clos, dans un hôtel de la ville. Des représentants de plusieurs capitales européennes, dont Berlin, Paris, Londres et Rome, sont également présents en Suisse en qualité de conseillers. Des rencontres en marge des discussions principales entre ces derniers et les délégations ukrainienne et américaine étaient prévues dans la journée.

L’ordre du jour porte sur les questions sécuritaires et humanitaires, a indiqué un négociateur ukrainien, qui a évoqué un travail constructif mené sans attentes démesurées. Les discussions s’appuient sur un plan américain proposant, en échange de garanties de sécurité occidentales, des concessions territoriales de la part de Kiev. Le point de crispation majeur concerne le statut du Donbass, région industrielle de l’est de l’Ukraine. Moscou exige un retrait des forces ukrainiennes des zones qu’elles contrôlent encore dans l’oblast de Donetsk, une demande rejetée par les autorités de Kiev. Un diplomate russe a souligné l’ampleur des divergences restant à surmonter, refusant toute prédiction sur l’issue possible.

Ces pourparlers interviennent dans un contexte de reprise des hostilités. Quelques heures avant l’ouverture des discussions à Genève, les forces russes ont lancé une nouvelle vague de frappes massives sur le territoire ukrainien. Les défenses antiaériennes ont intercepté la majorité des projectiles, mais des infrastructures énergétiques ont été touchées, provoquant des coupures d’eau et de chauffage dans plusieurs régions. Le président ukrainien a dénoncé une attaque délibérée contre le secteur énergétique et un mépris affiché pour les efforts diplomatiques en cours. Parallèlement, Moscou a affirmé avoir abattu plus d’une centaine de drones ukrainiens visant des zones sous son contrôle.

Cette session genevoise fait suite à des rounds de discussions précédents, tenus à Abou Dhabi, qui n’avaient pas abouti à des avancées significatives. La pression diplomatique américaine pour trouver une issue au conflit s’est accentuée récemment. Le président américain a réitéré son appel à une reprise rapide des négociations, affirmant que Moscou était disposé à conclure un accord. De son côté, le président ukrainien a exprimé des doutes quant à la sincérité des intentions russes et s’est dit préoccupé par les demandes de concessions adressées à son pays. Il a réaffirmé son refus de céder des territoires à la Russie, qui contrôle actuellement près d’un cinquième du territoire ukrainien.

La composition de la délégation russe, menée par une figure politique plutôt qu’un technocrate, est interprétée par certains observateurs comme le signe d’une priorité donnée aux exigences politiques dans le processus. Parmi les autres sujets de préoccupation figure le sort des enfants ukrainiens déplacés en Russie ou dans les territoires occupés. Les autorités ukrainiennes estiment que des milliers d’entre eux s’y trouvent toujours, malgré le retour de deux mille autres depuis le début de la guerre.

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