Économie
Moscou durcit le ton contre les messageries étrangères
Les autorités russes ont officialisé le blocage de WhatsApp et imposé des restrictions à Telegram, invoquant le non-respect de la législation nationale. Cette décision s’inscrit dans une politique de longue date visant à réduire la dépendance aux plateformes numériques occidentales.
Le porte-parole du Kremlin a confirmé la mesure à l’encontre de l’application américaine, soulignant le refus de l’entreprise de se conformer au droit russe. Cette annonce fait suite à la mise en place, annoncée quelques jours plus tôt, de limitations progressives affectant le service de messagerie Telegram. Le régulateur des télécommunications avait précédemment reproché à ces deux plateformes, extrêmement populaires dans le pays, de faciliter des activités frauduleuses et d’être détournées à des fins répréhensibles. Les appels vocaux y étaient déjà interdits depuis plusieurs mois.
Cette offensive réglementaire suscite des inquiétudes dans certains cercles, notamment parmi les observateurs militaires favorables au pouvoir, qui redoutent un affaiblissement de la narration officielle sur la scène médiatique internationale. Telegram constitue en effet un canal de diffusion privilégié pour de nombreux relais pro-gouvernementaux, des représentants de l’État et des unités armées. Parallèlement, l’application est massivement utilisée en Ukraine dans le contexte du conflit.
Face à ces blocages, les utilisateurs russes conservent la possibilité de recourir à des réseaux privés virtuels pour contourner les restrictions, malgré une loi interdisant leur promotion. Cette pratique permet à de nombreux citoyens, y compris des personnalités publiques alignées sur le Kremlin, d’accéder à des réseaux sociaux officiellement bannis, tels que ceux du groupe Meta ou la plateforme YouTube.
Les sociétés concernées dénoncent une manœuvre des autorités pour inciter la population à migrer vers MAX, une messagerie locale lancée récemment et présentée comme une alternative nationale. Les pouvoirs publics mettent en avant la nécessité de réduire la dépendance aux services étrangers en matière de stockage des données. Cette super-application, qui ambitionne de regrouper des services administratifs et commerciaux, ne propose toutefois pas de chiffrement de bout en bout, une technologie qui protège le contenu des communications. Son installation est désormais obligatoire sur les nouveaux appareils vendus en Russie.
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