Monde
Min Aung Hlaing, du commandement militaire à la présidence birmane
_**Le chef de la junte, qui renversa le gouvernement civil en 2021, s’apprête à endosser la fonction suprême à l’issue d’un processus électoral décrié par la communauté internationale.**_
L’homme fort du Myanmar, le général Min Aung Hlaing, est sur le point d’achever sa longue transition du pouvoir militaire au pouvoir politique. Après avoir dirigé le coup d’État de février 2021 qui mit fin à la brève expérience démocratique du pays, l’officier supérieur devrait prochainement être désigné président de la République. Cette évolution institutionnelle intervient à la suite de scrutins législatifs organisés en début d’année, dont les résultats, contestés à l’extérieur, ont été largement remportés par des formations alignées sur l’armée.
Nommé commandant en chef des forces armées en 2011, Min Aung Hlaing a supervisé pendant une décennie les relations souvent tendues entre l’institution militaire et le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi. À l’approche de l’âge réglementaire de la retraite, il a opté pour un changement radical de cap en reprenant directement les rênes du pays. Le Parlement, dominé par le Parti de l’union, de la solidarité et du développement, fondé par la junte, a entamé cette semaine la procédure de nomination du futur chef de l’État, une formalité dont l’issue ne fait guère de doute.
Pour se conformer aux exigences constitutionnelles, le général a quitté ses fonctions militaires. Il a été remplacé à la tête de l’armée par un proche collaborateur, un ancien responsable des services de renseignement, assurant ainsi la continuité du contrôle des forces de sécurité. Lors de la récente Journée des forces armées, Min Aung Hlaing a présidé un imposant défilé mettant en avant les capacités militaires du pays. Il a alors affirmé que le nouveau gouvernement, issu des urnes, bénéficierait du plein soutien de l’armée pour consolider, selon ses termes, une démocratie multipartite.
Ces déclarations contrastent avec les critiques émises par de nombreux observateurs et organisations de défense des droits de l’homme à l’encontre du processus électoral. Les principaux partis d’opposition, dont la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, avaient été dissous avant le vote. Par ailleurs, un quart des sièges parlementaires est constitutionnellement réservé à des militaires d’active. La situation sur le terrain reste extrêmement tendue, le pays étant en proie à un conflit interne opposant les forces de la junte à une myriade de groupes armés, issus tant du mouvement de désobéissance civile que de minorités ethniques historiquement en lutte contre le pouvoir central.
La trajectoire personnelle de Min Aung Hlaing est également marquée par des accusations internationales. Plusieurs pays lui ont interdit l’accès pour son rôle présumé dans la répression de la minorité rohingya en 2017, une opération ayant provoqué un exode massif de civils. Des poursuites pour crimes contre l’humanité ont été requises à son encontre devant la Cour pénale internationale. Les plateformes numériques comme Facebook l’ont banni pour incitation à la haine. Le bilan humain du conflit qui déchire le Myanmar depuis le putsch reste lourd, avec des estimations faisant état de dizaines de milliers de victimes. Le futur président rejette en bloc toutes ces allégations.
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