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Politique

Mayotte tourne une page : la loi de refondation définitivement adoptée

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Sept mois après le cyclone Chido, le Parlement valide un plan ambitieux pour redresser le département français le plus pauvre, entre convergence sociale et lutte contre l’habitat illégal.

Le texte marquant la « refondation » de Mayotte a franchi jeudi son ultime étape parlementaire avec l’approbation définitive du Sénat. Ce vote clôt un processus législatif intense, destiné à répondre aux défis structurels du territoire, aggravés par les ravages du cyclone Chido fin 2024.

Porté par le gouvernement, ce projet de loi-programme engage 4 milliards d’euros d’investissements publics sur six ans, avec un objectif central : aligner progressivement les droits sociaux de Mayotte sur ceux de l’Hexagone d’ici 2031. Un enjeu crucial dans un département où 77% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et où les allocations comme le RSA restent bien inférieures à la métropole.

Le texte combine mesures économiques et dispositions sécuritaires, suscitant des réactions contrastées. La majorité présidentielle et le Rassemblement national y voient une avancée majeure, notamment via le renforcement des contrôles migratoires et la simplification des procédures contre l’habitat illégal – un tiers des logements à Mayotte étant concernés. La gauche, en revanche, dénonce une approche répressive, certains élus évoquant un « laboratoire sécuritaire » inédit en France.

Parmi les mesures phares figurent la suppression progressive du visa territorialisé – perçu comme une discrimination par les Mahorais – et l’organisation d’un recensement exhaustif dès 2025 pour mieux calibrer les dotations publiques. Le texte abandonne toutefois une clause controversée sur les expropriations, retirée sous la pression des élus locaux.

Si le gouvernement salue un texte « historique », des voix s’élèvent pour pointer les lacunes, notamment sur l’accès à l’eau potable ou la transition écologique, absents des priorités affichées. Preuve que malgré les avancées, le chemin vers l’égalité réelle reste long pour ce territoire d’outre-mer meurtri.

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