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Marseille : verdict imminent pour le drame de la rue d’Aubagne

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Six ans après l’effondrement mortel de deux immeubles, la justice s’apprête à rendre son verdict. Un procès qui cristallise les enjeux du logement indigne dans la cité phocéenne.

Ce lundi marque un tournant judiciaire pour l’une des tragédies urbaines les plus marquantes de ces dernières années. Le tribunal correctionnel de Marseille doit statuer sur les responsabilités pénales dans l’effondrement de deux bâtiments de la rue d’Aubagne en 2018, ayant coûté la vie à huit personnes. Seize prévenus – dont des élus, des experts et des gestionnaires immobiliers – comparaissent pour homicide involontaire et mise en danger d’autrui, dans une affaire devenue symbole des défaillances systémiques en matière de logement décent.

L’audience, qui s’est tenue à l’automne dernier, a révélé l’ampleur des négligences. Les expertises ont confirmé que les immeubles, rongés par des désordres structurels majeurs, menaçaient de s’écrouler depuis des années. Pourtant, aucune mesure d’évacuation n’avait été ordonnée pour les résidents du 65 rue d’Aubagne, tandis que les travaux entrepris s’étaient révélés inadaptés, voire aggravants. Parmi les victimes figuraient des familles entières, dont un enfant de 8 ans, El Amine, orphelin du jour au lendemain.

Le parquet a requis des peines sévères, notamment cinq ans de prison dont trois ferme contre un copropriétaire également avocat du syndic, accusé d’avoir minimisé les risques pour éviter des dépenses. L’adjoint au maire en charge de la sécurité urbaine et l’architecte-expert pourraient écoper de trois ans d’emprisonnement. Les débats ont toutefois montré la difficulté d’établir une chaîne de responsabilités claire, chaque prévenu rejetant les accusations et plaidant la relaxe.

Au-delà des enjeux juridiques, ce procès a résonné comme un électrochoc pour Marseille, où près de 100 000 personnes vivent encore dans des logements insalubres. Depuis 2018, les condamnations contre les marchands de sommeil se sont multipliées, mais les associations dénoncent une politique municipale toujours insuffisante. Pour les familles des victimes, ce verdict représente l’espoir d’une justice réparatrice – et peut-être d’un signal fort contre l’impunité des acteurs du mal-logement.

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