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Culture

Marseille ressuscite sa mémoire au théâtre

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Une création scénique puissante fait revivre l’effondrement de la rue d’Aubagne, transformant un drame urbain en œuvre artistique.

Le 5 novembre 2018 restera gravé dans l’histoire marseillaise. Peu après neuf heures du matin, deux immeubles du centre-ville s’écroulent dans la rue d’Aubagne, emportant huit vies et ébranlant durablement le quartier de Noailles. Cette date tragique inspire aujourd’hui une œuvre théâtrale signée Mathilde Aurier, jeune metteuse en scène de 29 ans dont le grand-père résidait dans cette même artère.

Intitulée « 65 rue d’Aubagne », la pièce naît d’une rencontre fortuite sur une plage marseillaise en 2021. L’artiste y croise une survivante du drame dont le récit devient le point de départ du projet. Ce dialogue singulier donne naissance au personnage de Mina, dont le parcours psychologique et administratif constitue la colonne vertébrale du spectacle. Pour enrichir son approche, la dramaturge a multiplié les rencontres avec des habitants, des associations et des professionnels de l’accompagnement des victimes.

Le spectacle, coproduit par le Théâtre National de Marseille, se définit comme un « théâtre documenté » plutôt que documentaire. Il ne s’agit pas de reconstituer fidèlement les événements, mais d’en proposer une interprétation scénique où la parole se métamorphose. La temporalité se fragmente entre les cinq mois précédant la catastrophe et les soixante-treize jours qui suivent. L’espace scénique s’organise autour du lit de Mina, ultime refuge dans un relogement temporaire, symbolisant la précarité et l’intimité brisée.

Une distribution issue de l’École régionale d’acteurs de Cannes et Marseille et de la Jeune troupe de La Criée incarne la pluralité des voix du quartier. Après une première série de représentations à l’Astronef en octobre, la pièce sera reprise dans plusieurs théâtres marseillais et aixois début 2026. Cette proposition artistique accessible dès 15 ans offre ainsi un espace de réflexion collective sur la mémoire urbaine et la résilience.

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