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Marine Le Pen consolide son leadership, Jordan Bardella en second plan

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La présidente du Rassemblement national affirme sans ambiguïté sa prééminence au sein du parti. Son projet pour Jordan Bardella se limite à Matignon, tandis qu’elle se réserve l’objectif de l’Élysée.

La dynamique interne au Rassemblement national ne laisse désormais aucune place au doute. Marine Le Pen occupe le premier rôle, reléguant son protégé Jordan Bardella à une fonction d’appui. Lors d’une récente intervention médiatique, la cheffe de file du parti a clairement défini les rôles. Elle vise la présidence de la République, tandis que M. Bardella serait, selon ses termes, destiné à devenir Premier ministre, un poste qu’elle qualifie d’éminemment important. Cette déclaration scelle une répartition des tâches qui écarte toute velléité de concurrence pour la tête de l’exécutif.

La question d’une éventuelle inéligibilité de Marine Le Pen, liée à l’affaire des assistants parlementaires européens, plane cependant sur ce scénario. Si elle devait être empêchée de se présenter, elle affirme qu’elle soutiendrait alors Jordan Bardella dans sa conquête du pouvoir, mais refuse catégoriquement l’idée de se rabattre sur la fonction de chef du gouvernement, qu’elle considère comme une consolation. Pour l’heure, elle dit nourrir un faible espoir quant à une annulation ou une réduction de sa peine.

L’activité politique de Marine Le Pen s’est intensifiée de manière notable ces dernières semaines. Multipliant les prises de parole dans les médias et les meetings, elle s’est imposée comme la voix principale du parti. Cette visibilité accrue a été particulièrement observable lors des récentes rencontres à l’Hôtel de Matignon, où c’est systématiquement elle qui s’est exprimée en premier, fixant la ligne. Des divergences de ton avec Jordan Bardella sont parfois apparues, ce dernier adoptant des postures plus tranchées sur certains sujets, tandis qu’elle opte pour un discours parfois plus mesuré.

La condamnation de l’ancien président Nicolas Sarkozy a offert à Marine Le Pen une occasion de marquer son territoire. Alors que son jeune lieutenant était resté silencieux, elle a immédiatement commenté l’événement, critiquant la procédure judiciaire. Cette réactivité contraste avec la réserve de M. Bardella et envoie un message implicite sur qui détient l’autorité pour porter la parole du mouvement. Les tensions qui avaient pu exister au printemps entre leurs entourages respectifs semblent s’être apaisées, au profit d’une coordination renforcée et d’un fonctionnement plus harmonieux.

Affichant une détermination sans faille, Marine Le Pen revendique pleinement son patronyme, soulignant avec une certaine fierté que « Le Pen » signifie « le chef » en breton. Malgré les épreuves, elle assure ne jamais avoir sérieusement envisagé d’abandonner la lutte, se présentant comme la seule personne capable d’incarner l’ambition présidentielle de son camp. Cette posture dominante, si elle sert son projet, pourrait bien, dans le même temps, maintenir son successeur désigné dans une expectative prolongée.

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