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Culture

L’Opéra de Genève vide ses réserves, un patrimoine vestimentaire en quête de seconde vie

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_**Le Grand-Théâtre de Genève se sépare de quinze mille pièces de costumes, issues de décennies de productions lyriques. Une vente exceptionnelle qui ouvre les portes des coulisses aux amateurs et aux professionnels.**_

Dans un vaste entrepôt aux abords de la cité de Calvin, des rangées de portants supportent le poids d’une mémoire textile. Robes de cour, justaucorps, fraises élisabéthaines et fracs surdimensionnés se côtoient dans un silence inhabituel, loin des projecteurs. L’institution genevoise procède à une mue significative en mettant en vente près de la moitié de sa collection de costumes de scène. Cette démarche, motivée par des impératifs de renouvellement et de place, donne l’occasion au public de s’approprier des fragments d’histoire du spectacle.

Les pièces proposées reflètent un siècle de créations, des années 1980 aux productions les plus contemporaines. Le spectre esthétique est large, mêlant des reconstitutions historiques minutieuses à des interprétations avant-gardistes. On trouve ainsi, à côté de pourpoints patinés pour évoquer l’usure du temps, des structures en néoprène réinventant la crinoline, ou encore de luxuriants habits végétaux composés de centaines de pétales de tissu brodés. Chaque costume, soigneusement étiqueté avec le nom de la production, de l’artiste et du rôle, porte en lui le souvenir d’une incarnation.

Les prix affichés s’étendent de quelques francs à près d’un millier pour des pièces d’exception, à l’image d’une création monumentale signée par la costumière roumaine Miruna Boruzescu. Cette dernière, un imposant ensemble vert orné de plumes de paon et de broderies dorées, illustre le travail artisanal et artistique qui habille les plus grandes scènes lyriques. D’autres modèles, comme d’extravagants habits d’oiseaux aux plumes teintes en rose conçus par Yannis Kokkos, témoignent de l’audace des ateliers.

Cette dispersion répond à une nécessité logistique pour l’institution, dont les réserves doivent faire de la place aux productions futures. Le processus a requis plusieurs mois d’un inventaire méticuleux et de choix difficiles. Les acquéreurs potentiels sont variés, des compagnies de théâtre et institutions culturelles aux collectionneurs privés, en passant par des particuliers en quête d’une pièce unique pour une garde-robe personnelle ou un événement. La vente, organisée sur deux jours avec une session dédiée aux professionnels, promet de redistribuer ces trésors d’atelier vers de nouveaux destins, loin des planches mais au cœur de l’imaginaire.

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