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L’onde de choc birmane relance la culture de l’opium dans le Triangle d’Or

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Le conflit en Birmanie voisine alimente une recrudescence du trafic de stupéfiants, affectant durement les communautés frontalières thaïlandaises, en particulier le peuple Lahu.

Dans les régions montagneuses du nord de la Thaïlande, la reprise de la consommation d’opium illustre les conséquences régionales de l’instabilité birmane. Jawa Jabo, un producteur de café septuagénaire, en est un exemple. Pour rompre avec cette dépendance récente, il a participé à un rituel de purification conduit par un chaman, espérant ainsi noyer ses démons dans les eaux d’une rivière locale. Son cas n’est pas isolé et reflète une tendance préoccupante au sein des populations autochtones.

Le peuple Lahu, établi de part et d’autre de la frontière, subit de plein fouet cette résurgence des narcotiques. La zone, historiquement connue sous le nom de Triangle d’Or, connaît un regain d’activité des cultivateurs de pavot et des laboratoires de méthamphétamine depuis le putsch de 2021 en Birmanie. L’effondrement de l’ordre dans les États frontaliers voisins a offert un terreau fertile aux réseaux criminels, qui alimentent à la fois le conflit et le marché régional.

Cette proximité avec les zones de production rend les substances psychoactives plus accessibles et moins onéreuses, entraînant une augmentation significative de leur usage. Les données épidémiologiques indiquent une nette progression des addictions, particulièrement parmi les jeunes générations dans les provinces septentrionales thaïlandaises. Les perspectives économiques limitées dans ces territoires reculés poussent certains habitants à s’engager dans des activités illicites, perçues comme un moyen rapide d’améliorer leur quotidien.

Des initiatives locales tentent d’inverser la tendance. Des associations œuvrent pour offrir un soutien et des alternatives aux jeunes enrôlés dans le trafic. Le témoignage de Sitthikorn Palor, un adolescent ayant abandonné la livraison de méthamphétamine grâce à un accompagnement personnalisé, montre la voie d’une possible réinsertion. Ces structures luttent également contre les préjugés qui stigmatisent les communautés Lahu, souvent réduites à l’image de consommateurs passifs.

Sur le terrain, les forces de sécurité thaïlandaises intensifient leur présence le long de la frontière poreuse. Des unités militaires patrouillent régulièrement pour intercepter les convois de stupéfiants en provenance de la Birmanie. Les accrochages avec des groupes de passeurs sont fréquents, donnant lieu à des saisies importantes, comme celle de plusieurs millions de comprimés de méthamphétamine abandonnés après une fusillade. Cette militarisation illustre l’ampleur du défi sécuritaire posé par la porosité de la frontière et la vitalité des réseaux transnationaux.

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