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L’œil des photographes face à la métamorphose du monde

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Le festival Visa pour l’Image dévoile des récits visuels puissants sur la capacité des sociétés à composer avec les bouleversements environnementaux.

L’édition 2025 du festival international de photojournalisme de Perpignan consacre une part essentielle de sa programmation aux interactions entre l’homme et son milieu. Les photoreporters présents documentent avec une acuité remarquable les adaptations engendrées par les crises écologiques, les conflits ou les pressions économiques. Leurs travaux révèlent autant les vulnérabilités que les formes de résilience qui émergent aux quatre coins de la planète.

En Ouzbékistan et au Kazakhstan, la mer d’Aral continue de se retirer, modifiant en profondeur les équilibres locaux. La photographe Anush Babajanyan capture avec sensibilité les stratégies de vie qui persistent malgré l’assèchement. Des plantations résistantes à la salinité, l’apiculture ou l’élevage de chameaux illustrent la recomposition des activités. Un barrage, une écloserie et un laboratoire agronomique témoignent des initiatives pour restaurer un écosystème fragilisé. L’image de baigneuses dans une source au milieu des sables symbolise cette forme de persistance face à l’adversité.

Le parc national des Virunga, en Afrique centrale, fait l’objet d’un reportage approfondi par Brent Stirton. Dans cette zone en proie à l’instabilité et aux trafics, les rangers luttent pour préserver la biodiversité. Le photoreporter montre autant la violence du braconnage que les efforts pour développer un tourisme responsable et des activités économiques alternatives. Des centrales électriques alimentent désormais des unités de production de savon, de chocolat ou de café, offrant aux communautés riveraines des perspectives de développement durable.

Ailleurs, les objectifs se tournent vers les phénomènes d’affaissement des territoires. À Jakarta, les pompages excessifs d’eau souterraine provoquent un enfoncement progressif de la métropole. Les images de rues inondées et d’habitants évoluant dans l’eau jusqu’à la poitrine interrogent sur l’avenir de ces zones urbanisées. Le projet de délocalisation de la capitale indonésienne vers Bornéo, encore largement inoccupé, soulève des questions quant à la pertinence des réponses apportées.

La série sur les méga-incendies en Californie rappelle l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes. Les clichés spectaculaires de feux gigantesques invitent à une réflexion collective sur les modes de vie et leur impact. De même, les vues aériennes de systèmes agricoles industriels, de surpêche ou d’élevage intensif documentent les conséquences environnementales de la production alimentaire mondiale. Ces images incitent à une prise de conscience des choix de consommation, présentés comme une forme de vote quotidien.

L’ensemble de ces travaux photographiques dépasse la simple illustration pour constituer une archive visuelle des mutations en cours. Ils offrent un regard à la fois critique et empathique, soulignant la complexité des enjeux sans céder au catastrophisme. Chaque reportage constitue une pièce supplémentaire dans la compréhension des défis environnementaux contemporains et des réponses humaines, qu’elles soient techniques, sociales ou politiques.

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