Monde
L’illibéralisme hongrois, modèle pour l’Amérique de Trump
Le rapprochement entre Budapest et Washington illustre une convergence idéologique inédite, où la défense des valeurs traditionnelles prime sur les garde-fous démocratiques.
La Hongrie de Viktor Orbán s’impose comme une référence pour l’administration Trump. Après des années de tensions sous Joe Biden, les relations entre les deux pays connaissent un réchauffement notable. Lors d’une réception diplomatique récente, un haut responsable américain a salué les similitudes entre les deux nations, évoquant même une possible visite du président américain à Budapest. Une perspective qui souligne l’influence grandissante du dirigeant hongrois sur les cercles conservateurs outre-Atlantique.
Au pouvoir depuis quinze ans, Viktor Orbán a méthodiquement remodelé les institutions de son pays, réduisant l’espace accordé à l’opposition et aux contre-pouvoirs. Une stratégie qui trouve un écho particulier dans la politique menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Les deux dirigeants partagent une même méfiance à l’égard des médias critiques, des juges indépendants et des organisations internationales, perçues comme des obstacles à leur vision politique.
Cette convergence idéologique s’exprime notamment dans le domaine culturel. La lutte contre ce qu’ils qualifient de « wokisme » ou de « progressisme radical » constitue un axe central de leur discours. En Hongrie comme aux États-Unis, les minorités sexuelles et les migrants sont devenus des cibles privilégiées. Des mesures controversées, comme les restrictions imposées aux personnes transgenres dans le sport universitaire, illustrent cette volonté commune de revenir sur certaines avancées sociétales.
Les méthodes employées par les deux dirigeants présentent également des similitudes frappantes. Attaques répétées contre la presse, remise en cause de l’indépendance judiciaire, instrumentalisation des institutions… Autant de pratiques qui alimentent les critiques sur leur respect des principes démocratiques. Si les contre-pouvoirs restent plus vigoureux aux États-Unis qu’en Hongrie, certains observateurs pointent une érosion inquiétante des normes institutionnelles sous l’ère Trump.
Cette alliance inédite entre Budapest et Washington s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large, où la Hongrie cultive des relations ambiguës avec la Russie. Bien que Viktor Orbán se présente comme un pionnier de l’illibéralisme, son modèle emprunte largement à celui de Vladimir Poutine. Une réalité qui nuance l’idée d’une influence hongroise exclusive sur l’Amérique de Trump, tout en soulignant la complexité des recompositions idéologiques à l’œuvre.
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