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L’exode silencieux des Afghans face aux dérèglements climatiques

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La sécheresse persistante et les inondations soudaines contraignent des milliers de familles afghanes à quitter leurs terres, dans un contexte d’urgence humanitaire aggravée par l’absence d’infrastructures adaptées.

Dans les régions septentrionales de l’Afghanistan, un phénomène migratoire d’un nouveau genre prend de l’ampleur. Les populations rurales, confrontées à l’assèchement prolongé des sols et à la raréfaction des ressources en eau, se voient contraintes d’abandonner leurs habitations et leurs terres agricoles. Ces déplacements, bien que moins médiatisés que ceux liés aux conflits armés, illustrent une réalité socioéconomique alarmante.

Les observations de terrain confirment l’ampleur des difficultés. Les puits traditionnels s’épuisent, les cultures dépérissent et le bétail succombe sous l’effet cumulé de la chaleur et du manque d’eau. Les habitations en terre, autrefois symboles d’un mode de vie ancestral, se retrouvent progressivement désertées. Les familles qui parvenaient jusqu’alors à subsister grâce à l’agriculture se trouvent désormais privées de leurs moyens d’existence.

Les autorités locales tentent de répondre à cette crise par la construction d’infrastructures hydrauliques, à l’image du canal de Qosh Tepa. Celui-ci vise à capter les eaux de l’Amou-Daria pour irriguer les terres agricoles de la province de Balkh. Toutefois, ces projets peinent à se concrétiser dans des délais compatibles avec l’urgence de la situation. Les annonces officielles contrastent avec le rythme effectif des réalisations.

Paradoxalement, le retour de précipitations après de longues périodes de sécheresse provoque des inondations destructrices. Les sols desséchés perdent leur capacité d’absorption, transformant les averses en crues soudaines qui emportent tout sur leur passage. Ces épisodes violents détruisent les récoltes, endommagent les habitations et accentuent la précarité des populations.

Le phénomène affecte particulièrement les provinces du nord, traditionnellement agricoles, où les communautés dépendent intégralement des ressources naturelles pour leur survie. Face à cette double menace – pénurie chronique et catastrophes ponctuelles – de nombreuses familles n’ont d’autre alternative que la migration interne ou le départ vers les pays voisins.

Cette situation place l’Afghanistan devant un défi complexe, où l’adaptation aux nouvelles conditions climatiques devient une question de survie pour des millions de personnes. La réponse à cette crise nécessite une approche coordonnée, combinant interventions d’urgence et stratégies de long terme pour sécuriser l’accès à l’eau et à la nourriture.

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