Europe
L’Europe souhaite intégrer le coût de la souffrance animale dans le prix de la viande


La Cour des comptes européenne souhaite intégrer le coût de la souffrance animale dans le prix de la viande.
La protection des animaux pendant leur transport est une préoccupation croissante en Europe. Chaque année, des millions d’animaux vivants sont transportés à travers l’UE et dans des pays tiers pour la reproduction, l’engraissement et l’abattage. Cependant, un rapport publié par la Cour des comptes européenne, le lundi 17 avril, pointe les nombreuses dérives qui persistent dans ce secteur stratégique de l’élevage européen.
Le transport d’animaux vivants sur de longues distances peut avoir des effets néfastes sur leur bien-être, a dénoncé Eva Lindström, la Membre de la Cour responsable du document d’analyse. Les États membres n’appliquent pas de manière uniforme la législation européenne sur le transport d’animaux, et les transporteurs peuvent chercher à profiter des failles dues aux différents systèmes de sanctions nationaux.
Les animaux transportés subissent souvent la faim, la soif, la chaleur, le manque d’espace ou encore l’absence de repos. La logique économique pousse certains agriculteurs à transporter des animaux inaptes à l’abattage – malades ou blessés – afin d’économiser les coûts d’abattage sur leur exploitation. Les sanctions pour non-respect de la législation sont peu dissuasives, et la souffrance animale est souvent gratuite.
Les dérives du secteur s’expliquent par plusieurs facteurs, tels que la spécialisation du secteur de l’élevage, les différences de coûts de production et d’abattage entre les États membres et la marginalité des coûts de transport. Pour tenter de mettre un terme à ces pratiques, la Cour des comptes propose des solutions, telles que l’attribution d’une valeur monétaire à la souffrance animale pendant le transport et son intégration dans le coût du transport et du prix de la viande. La promotion du transport de viande plutôt que le transport d’animaux, l’extension du recours aux abattoirs mobiles et de proximité sont également proposées.
En décembre 2021, la commission d’enquête de l’UE sur le transport animal avait déjà constaté des manquements systématiques à l’application des règles existantes. Il est temps pour les États membres de l’UE de prendre des mesures pour protéger les animaux pendant leur transport et de garantir leur bien-être. La souffrance animale ne doit plus être gratuite.





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