Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

L’essor des prisons privées dopé par la politique migratoire américaine

Article

le

La répression accrue des sans-papiers aux États-Unis profite aux géants de l’incarcération, tandis que les conditions de détention soulèvent de vives critiques.

La politique migratoire du gouvernement américain, marquée par une intensification des arrestations et des expulsions, génère des retombées économiques inattendues. Les entreprises privées spécialisées dans la gestion carcérale, comme CoreCivic ou GEO Group, voient leur activité exploser, alimentée par des contrats publics toujours plus conséquents.

En Californie, la ville de California City accueille avec optimisme l’implantation d’un nouveau centre de rétention. Les promesses d’emplois et de revenus fiscaux ont convaincu les élus locaux, malgré les controverses entourant ces structures. Le maire Marquette Hawkins se félicite de cette manne financière pour une municipalité en quête de revitalisation.

Pourtant, les chiffres officiels révèlent une réalité moins reluisante. Plus de 60 000 migrants sont actuellement détenus à travers le pays, dont une majorité sans antécédent judiciaire. Près de 80 % d’entre eux se retrouvent dans des établissements gérés par le secteur privé, selon des données universitaires. Une tendance qui devrait s’accentuer avec le vote récent d’un budget de 45 milliards de dollars destiné à la construction de nouveaux centres.

Les conditions de vie dans ces lieux de détention suscitent l’indignation des organisations de défense des droits humains. Des rapports dénoncent des cellules surpeuplées, un manque d’hygiène criant et des températures glaciales. À Adelanto, en Californie, des avocats et élus ont tenté en vain d’enquêter sur des allégations de mauvais traitements. Les autorités réfutent ces accusations, assurant que les détenus bénéficient de soins et de contacts avec leurs proches.

Les témoignages des familles contredisent pourtant cette version. Certains migrants seraient privés de produits de première nécessité, contraints de dormir à même le sol dans des conditions dégradantes. Ces pratiques, selon des observateurs, viseraient à pousser les détenus à accepter plus facilement leur expulsion.

Alors que le débat sur l’immigration divise la société américaine, l’industrie carcérale privée, elle, prospère sans entraves. Une croissance qui pose des questions éthiques, alors que les profits dépendent directement du nombre de personnes incarcérées.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus