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Les trésors cachés du karst cambodgien révèlent une biodiversité insoupçonnée

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Au cœur des massifs calcaires du Cambodge, une équipe scientifique a identifié plusieurs espèces de geckos jusqu’alors inconnues, mettant en lumière l’extraordinaire richesse écologique de ces formations géologiques menacées par l’industrie cimentière.

Les reliefs karstiques du nord-ouest du Cambodge continuent de dévoiler leurs secrets biologiques. Lors d’une récente expédition nocturne dans le massif de Phnom Proek, non loin de la frontière thaïlandaise, des chercheurs ont documenté pas moins de trois nouvelles espèces de geckos parmi une quarantaine de spécimens collectés. Ces découvertes soulignent l’importance critique de ces écosystèmes uniques, véritables arches de biodiversité façonnées par des millions d’années d’érosion.

Sous la lueur des lampes frontales, les scientifiques ont arpenté les grottes et fissures de ce calcaire labyrinthique, habitat privilégié d’une faune spécialisée. Aux côtés des geckos – dont un spécimen moucheté, un autre aux orteils courbés et un troisième aux pattes palmées – l’équipe a recensé une diversité remarquable incluant araignées géantes, scorpions et une vipère à tête verte précédemment observée seulement en Thaïlande.

La méthodologie employée révèle la précision exigée par ce travail de recensement. Chaque specimen est capturé vivant, photographié sous contrôle en milieu sécurisé, puis fait l’objet d’analyses génétiques poussées avant conservation. Une procédure essentielle pour établir avec certitude le caractère inédit de ces animaux, dont certains échappent parfois aux chercheurs en se faufilant derrière des meubles d’hôtel réquisitionnés pour l’occasion.

Ces explorations s’inscrivent dans une démarche plus large de conservation face aux pressions industrielles croissantes. Le karst, matériau de choix pour la production cimentière, fait l’objet d’extractions intensives dans un pays qui produit annuellement onze millions de tonnes de ciment. Les défenseurs de l’environnement plaident pour une protection renforcée de ces sites exceptionnels, arguant que leur valeur scientifique et écologique dépasse leur simple utilité économique.

La question dépasse désormais le cadre strict de la biologie pour toucher à l’aménagement du territoire et à la préservation du patrimoine naturel. Certains responsables locaux perçoivent déjà ces formations comme des joyaux nationaux méritant une sauvegarde comparable à celle accordée aux temples d’Angkor. Reste à concilier cette vision avec les impératifs de développement économique et les attentes des populations locales en matière d’emplois.

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