Nous rejoindre sur les réseaux

Société

Les secrétaires de mairie, piliers méconnus des communes rurales

Article

le

_**Ces fonctionnaires de terrain, majoritairement des femmes, assurent la continuité de l’administration locale dans les petites collectivités, mais leur avenir est menacé par des difficultés de recrutement et une reconnaissance jugée insuffisante.**_

Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la figure du secrétaire général de mairie constitue souvent la colonne vertébrale de l’administration. Ces professionnels, à près de 95 % des femmes selon les dernières données gouvernementales, endossent une pluralité de rôles allant de la gestion financière et juridique à la coordination du personnel, parfois jusqu’à des tâches plus inattendues. Leur expertise et leur permanence en font la mémoire institutionnelle des municipalités, un point d’ancrage face à la rotation des élus.

Leur champ d’action est particulièrement large dans les collectivités qui ne disposent pas de directeur général des services. Ils doivent alors maîtriser un ensemble de compétences techniques et réglementaires, souvent équivalentes à celles requises dans des structures plus importantes. Cette polyvalence s’accompagne d’une responsabilité accrue, notamment lorsque les maires exercent une activité professionnelle parallèle à leur mandat, laissant une autonomie substantielle à leur collaboratrice.

Pourtant, cette profession essentielle au maillage territorial fait face à des défis de taille. Les acteurs du secteur soulignent les difficultés croissantes pour pourvoir les postes, dans un contexte de départs à la retraite nombreux et d’attractivité limitée. La rémunération, qui plafonne en fin de carrière autour de 2 300 euros brut pour la catégorie C, est fréquemment citée comme un frein majeur, malgré la passion que revendiquent beaucoup pour ce métier de service public.

Une réforme récente a procédé à un reclassement de ces postes en catégorie B, une mesure saluée mais dont la portée est jugée relative par les représentants de la profession. Ils pointent des conditions d’ancienneté qui en restreignent l’application immédiate et plaident pour une formation nationale certifiante, couplée à une revalorisation salariale plus significative. En réponse, certaines initiatives locales, comme la création de diplômes universitaires dédiés, tentent d’ouvrir des voies de professionnalisation pour attirer de nouvelles générations.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus