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Économie

Les propriétaires de résidences secondaires entrent en campagne électorale

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Face à la hausse de la fiscalité locale dans les zones touristiques, les détenteurs de villégiatures s’organisent pour peser sur les scrutins municipaux et défendre leurs intérêts.

Dans de nombreuses communes littorales ou de montagne, la question du logement cristallise les tensions. L’essor des résidences secondaires et de la location saisonnière contribue à renchérir le marché immobilier, compliquant l’accès à un habitat permanent pour les actifs locaux. Pour répondre à cette pression, certaines municipalités ont recours à un levier fiscal, en appliquant une majoration pouvant atteindre soixante pour cent sur la taxe d’habitation des logements occasionnels.

Cette mesure, réservée aux zones dites tendues, suscite une vive opposition parmi les propriétaires concernés. Ces derniers, souvent domiciliés ailleurs, estiment être imposés sans pouvoir participer aux élections qui décident de cette surtaxe. Un sentiment d’inéquité qui pousse à la mobilisation. Des collectifs se structurent désormais dans plusieurs dizaines de communes, avec pour objectif de se faire entendre et, surtout, de voter.

La stratégie consiste à s’inscrire sur les listes électorales de la commune de villégiature, une démarche rendue possible par la législation. À Argelès-sur-Mer, par exemple, plusieurs centaines de résidents occasionnels auraient ainsi rejoint les registres. Certains vont plus loin en se portant candidats aux élections municipales, comme cela a pu être observé dans le Pas-de-Calais. Une liste concurrente à celle de la maire sortante de Merlimont s’est ainsi constituée, comptant une proportion significative de propriétaires de résidences secondaires dans ses rangs.

Les élus en place défendent quant à eux le bien-fondé de la majoration. Ils soulignent que le classement en zone tendue traduit un déséquilibre avéré et que ces recettes supplémentaires sont nécessaires. Les infrastructures communales, qu’il s’agisse de traitement des eaux usées ou de voirie, doivent en effet être dimensionnées pour absorber un afflux estival massif, bien supérieur à la population permanente. La surtaxe est présentée comme une contribution juste à ces coûts, incitant par ailleurs certains propriétaires à mettre leur bien en location à l’année.

Le débat oppose ainsi deux visions. D’un côté, des propriétaires qui se considèrent comme une ressource économique pour le territoire, finançant les collectivités tout en sollicitant moins les services publics. De l’autre, des habitants permanents et leurs représentants, pour qui cette présence intermittente génère des coûts spécifiques et aggrave une crise du logement déjà préoccupante. Cette confrontation, qui dépasse la simple question fiscale, s’invite désormais au cœur des prochaines échéances électorales locales.

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