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Les fondations immuables du pouvoir en République islamique d’Iran

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Depuis la révolution de 1979, l’architecture institutionnelle de l’Iran repose sur un équilibre complexe entre des instances élues et des structures non-élues, toutes subordonnées à une autorité suprême. Ce système a démontré sa résilience face aux crises internes et aux défis géopolitiques.

Au sommet de l’État se trouve le guide suprême, une fonction occupée à vie par l’ayatollah Ali Khamenei. Investi de l’autorité ultime, il définit les orientations stratégiques du pays et contrôle les principaux leviers du pouvoir. Il nomme les hauts responsables judiciaires, une partie des membres du Conseil des gardiens de la constitution, ainsi que les commandants des forces armées et de sécurité. Son rôle de commandant en chef lui confère une supervision directe sur l’ensemble des appareils militaires et de renseignement.

Le système électoral permet aux citoyens de désigner un président, un Parlement et une Assemblée des experts. Cependant, le processus de sélection des candidats, soumis à la validation du Conseil des gardiens, restreint considérablement le spectre politique. Le président, élu pour un mandat de quatre ans, assume la gestion des affaires courantes et de la politique économique, dans un contexte marqué par des difficultés financières persistantes. La marge d’action du chef de l’exécutif demeure circonscrite par les prérogatives du guide suprême, particulièrement dans les dossiers de politique étrangère et de sécurité nationale.

Les forces armées constituent un pilier essentiel du régime. Elles se composent de l’armée conventionnelle et du Corps des Gardiens de la révolution, une institution aux vastes prérogatives économiques, sécuritaires et idéologiques. Cette dernière joue un rôle prépondérant dans la projection régionale de l’influence iranienne et dans le maintien de l’ordre intérieur. Les décisions en matière de sécurité nationale sont formulées au sein du Conseil suprême de sécurité nationale, présidé par le président, avant d’être entérinées par l’autorité suprême.

La cohésion de l’appareil d’État est assurée par plusieurs instances de régulation et d’arbitrage. Le Conseil des gardiens de la constitution veille à la conformité des lois avec la charia et la constitution. En cas de désaccord persistant entre le Parlement et ce conseil, le Conseil de discernement, composé de hautes figures du régime, intervient pour trancher. Cette structure institutionnelle, bien que confrontée à des pressions internes et à des tensions internationales récurrentes, continue de fonctionner selon ses propres logiques, préservant la stabilité fondamentale du système.

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