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Les derniers messagers ailés de l’armée française résistent au temps

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Au Mont-Valérien, une poignée de militaires perpétuent un patrimoine historique unique en Europe, celui des pigeons voyageurs, autrefois essentiels aux communications stratégiques.

Dans l’enceinte fortifiée du Mont-Valérien, à Suresnes, se niche le dernier colombier militaire encore en activité sur le continent. Ici, près de deux cents pigeons, soigneusement entretenus par des soldats du 8e régiment de transmissions, rappellent une époque où ces oiseaux jouaient un rôle crucial dans les opérations militaires. Aujourd’hui, leur mission a changé. Ils participent à des concours de colombophilie ou animent des cérémonies officielles, loin de leur glorieux passé opérationnel.

L’histoire de ces messagers à plumes remonte à l’Antiquité, mais c’est sous Napoléon III que l’armée française en a fait un outil stratégique. Pendant les guerres franco-prussienne et mondiales, ils ont pallié les défaillances des systèmes de communication traditionnels. Gustav, l’un de ces volatiles, est entré dans la légende pour avoir transmis le premier message depuis les plages du Débarquement en 1944, bravant les bombardements et les brouillages radio.

Malgré leur efficacité, les pigeons ont été progressivement remplacés par les avancées technologiques. En 1961, le dernier colombier opérationnel a été dissous, marquant la fin d’une ère. Pourtant, l’armée a continué de les entraîner pendant quelques années, par crainte d’une attaque électromagnétique paralysant les communications. Aujourd’hui, cette pratique n’a plus qu’une vocation symbolique et patrimoniale.

Les militaires en charge de ces oiseaux veillent à leur bien-être et entretiennent ce savoir-faire historique. Le colombier du Mont-Valérien, avec son musée dédié, reste un lieu de mémoire, témoignant d’une époque où un simple pigeon pouvait changer le cours d’une bataille. Une tradition préservée, non par nécessité, mais par respect pour ces messagers d’exception.

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