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L’Église catholique face à la défiance des victimes de violences sexuelles
_**La réforme du dispositif d’écoute, présentée comme un progrès par l’épiscopat français, est vivement contestée par les associations, qui y voient une régression et un risque accru de souffrance pour les personnes concernées.**_
Plusieurs collectifs de victimes et de professionnels de l’accompagnement expriment une profonde inquiétude face aux nouvelles orientations annoncées par la Conférence des évêques de France. Dans une tribune rendue publique ce jeudi, ils estiment que le système baptisé « Renaître », destiné à prendre le relais de l’instance indépendante actuelle, constitue un recul significatif. Selon eux, cette refonte pourrait même aggraver le traumatisme des personnes ayant subi des agressions.
Le dispositif prévoit le remplacement de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation, dont le mandat s’achève à la fin du mois d’août. À partir de septembre, les démarches des victimes seront initialement traitées par des cellules diocésaines, directement placées sous l’autorité de chaque évêque. Ces cellules devront ensuite orienter les personnes vers un réseau d’accompagnants, bien que ce dernier soit présenté comme un organisme national indépendant.
Les signataires de l’appel, parmi lesquels figurent plusieurs associations majeures, jugent cette architecture profondément problématique. Ils soulignent l’absence de garanties concernant les compétences techniques et psychologiques que devront mobiliser les diocèses, ainsi que le manque de neutralité et de sécurité que peut inspirer un premier contact avec une instance ecclésiale locale. Le choix même du nom « Renaître » est critiqué, car il suggérerait, selon eux, une forme d’effacement des blessures qui serait irréaliste et potentiellement culpabilisante.
Les collectifs mettent en garde les autorités religieuses contre les conséquences de cette réorganisation. Ils redoutent un phénomène de victimisation secondaire, où le processus de recherche de réparation deviendrait à son tour une source de souffrance systémique. Cette mise en garde intervient dans un contexte où la parole des victimes, libérée après le rapport accablant de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, reste extrêmement fragile. La précédente instance avait reçu près de 1 800 demandes en quatre ans, illustrant l’ampleur des besoins. Les associations appellent désormais à une vigilance accrue pour que la prise en charge des victimes ne soit pas affaiblie.
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