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Lecornu tourne la page budgétaire et vise l’action concrète

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Après le rejet des motions de censure, le Premier ministre appelle à dépasser les blocages et engage son gouvernement sur des chantiers prioritaires, tout en écartant tout immobilisme politique.

Sébastien Lecornu a invité ce vendredi à clore la séquence budgétaire pour se consacrer à des projets concrets. Cette déclaration intervient après que l’exécutif a surmonté, sans surprise, deux motions de censure déposées par la gauche radicale et le Rassemblement national, le Parti socialiste ayant choisi de ne pas s’y associer. Le chef du gouvernement a justifié son recours à l’article 49.3 de la Constitution pour l’adoption du budget par la nécessité de mettre un terme à une crise politique prolongée.

Il a ensuite indiqué que la priorité était désormais d’avancer, dans un contexte où la perspective de la prochaine campagne présidentielle rendait impérative une projection gouvernementale « réaliste ». Tout en niant tout agenda personnel pour l’Élysée, il a demandé à ses ministres de garder leurs distances avec la bataille électorale à venir. Il a également rejeté toute accusation d’inaction, citant notamment le dossier du logement, pour lequel il a fixé un objectif de deux millions de constructions d’ici à 2030 dans le cadre d’un futur plan de relance sectoriel.

Plus tôt dans la journée, les motions de censure avaient été rejetées. Celle portée par La France insoumise, les écologistes et le groupe GDR a recueilli 269 voix, soit dix-neuf de moins que la majorité constitutionnelle requise. Celle du Rassemblement national et de ses alliés en a obtenu 142. Le ministre chargé des Relations avec le Parlement a reconnu une majorité parlementaire « fragile », appelant à l’humilité.

Le Premier ministre a réitéré son regret d’avoir dû utiliser l’article 49.3, un engagement auquel il avait pourtant renoncé en octobre dernier sous la pression des socialistes. Il a toutefois estimé que le Parlement n’avait pas été privé de débat et a exprimé l’espoir que ce dispositif ne serait plus employé à l’avenir que « en absolu dernier ressort », pour préserver le fonctionnement des institutions.

Les débats à l’Assemblée nationale ont mis en lumière les divisions au sein de la gauche. Le Parti socialiste, qui avait confirmé son refus de voter la motion de censure, s’est retrouvé isolé face aux critiques des autres formations de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. Le leader de La France insoumise a vivement dénoncé cette position sur les réseaux sociaux. De son côté, la cheffe de file des députés du Rassemblement national a fustigé une « trahison » et un « passage en force », appelant à la démission du gouvernement.

Un élu socialiste a défendu la position de son groupe, mettant en avant les « inflexions substantielles » obtenues lors des discussions parlementaires et soulignant que la suspension temporaire du 49.3 avait permis des débats fructueux. Au sein de la majorité présidentielle, les arbitrages budgétaires ont également suscité des réserves, notamment concernant le niveau du déficit public. Des voix se sont toutefois élevées pour soutenir la nécessité de sortir le pays d’une logique de blocage permanent. Le ministre de l’Économie, présent aux côtés du Premier ministre lors d’un déplacement en Seine-Saint-Denis, a pour sa part exprimé l’espoir de voir la croissance économique apporter des perspectives plus favorables.

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