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L’eau, arme de pression en Cisjordanie occupée

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Des colons israéliens ciblent systématiquement les infrastructures hydrauliques palestiniennes, privant des milliers de personnes d’un accès vital à la ressource.

Depuis son poste d’observation sur les hauteurs de Cisjordanie, Soubhil Olayan surveille avec vigilance la source d’Ein Samiyah, point névralgique pour l’alimentation en eau de dizaines de milliers de Palestiniens. Récemment, des colons israéliens ont endommagé les installations, coupant temporairement l’approvisionnement de plusieurs localités avoisinantes. Cette attaque s’inscrit dans une stratégie plus large de pression sur les populations locales, où le contrôle de l’eau devient un instrument de domination territoriale.

La station de pompage alimentée par cette source constitue l’unique point d’approvisionnement pour près de 110 000 habitants, dans une région déjà marquée par une pénurie chronique. Les incidents se multiplient, avec des cas avérés de sabotages, de détournements ou de tentatives d’appropriation des réseaux hydrauliques palestiniens. Les réparations s’effectuent sous haute tension, les équipes techniques hésitant à intervenir en raison des risques pour leur sécurité.

Plusieurs responsables locaux dénoncent une politique délibérée visant à contraindre les Palestiniens à quitter leurs terres. Selon eux, la restriction de l’accès à l’eau serait un moyen indirect mais efficace de modifier les équilibres démographiques. Les autorités israéliennes, interpellées sur ces agissements, affirment ne pas avoir été informées des incidents pour pouvoir les prévenir.

Dans la vallée du Jourdain, des cas similaires ont été recensés, avec des sources détournées au profit de colonies israéliennes. Les disparités d’accès à l’eau sont criantes, les Palestiniens étant soumis à des restrictions légales les empêchant de forer de nouveaux puits ou de développer leurs infrastructures. Les projets internationaux butent systématiquement sur les contraintes imposées en zone C, sous contrôle exclusif d’Israël.

Les conséquences sont tangibles. Des terres agricoles, privées d’irrigation, sont abandonnées, tandis que les nappes phréatiques s’épuisent. Les habitants, confrontés à une crise qui s’aggrave chaque année, s’inquiètent de voir leur survie menacée par une ressource de plus en plus rare et contrôlée.

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