Monde
Le Vanuatu déploie l’arme du sacré pour sauvegarder ses forêts
Face à la déforestation, l’archipel du Pacifique mobilise un symbole ancestral, la feuille de namele, pour tenter de préserver ses écosystèmes menacés.
Dans la zone protégée de Vatthe, sur l’île d’Espiritu Santo, la surveillance d’une vaste étendue forestière repose en grande partie sur un seul homme, le chef coutumier Bill Tavue. Cette réserve, riche d’une biodiversité exceptionnelle et candidate à une inscription au patrimoine mondial, est pourtant vulnérable. L’exploitation illicite du bois y est fréquente, favorisée par un manque de moyens dédiés à la protection de l’environnement et par la pression agricole.
Pour renforcer la protection des lieux, des défenseurs de l’environnement ont recours à une pratique traditionnelle puissante, fondée sur le caractère sacré de la feuille de namele. Cette plante, dont l’effigie figure sur le drapeau national, occupe une place centrale dans la culture vanuataise. Son feuillage vert et lustré est traditionnellement utilisé pour marquer des limites infranchissables, un interdit dont la transgression était autrefois passible de sanctions sévères.
Aujourd’hui, ce tabou ancestral est réactivé à des fins de conservation. Des habitants signalent ainsi la présence de ces feuilles dans la forêt de Vatthe, un signal clair destiné à dissuader les intrus. L’initiative, née localement, est désormais encouragée par les autorités, qui souhaitent voir cette méthode essaimer dans d’autres régions. Ses partisans estiment qu’elle a contribué à préserver l’intégrité du site, là où les mesures réglementaires peinent à s’appliquer.
Cette approche rencontre toutefois des limites. Après le passage d’un cyclone, l’autorisation donnée à des bûcherons de prélever du bois mort dans la réserve a suscité des craintes quant à des abattages illégaux, illustrant la tension permanente entre préservation et exploitation. Les agences gouvernementales compétentes n’ont pas répondu aux sollicitations concernant la gestion de cette zone.
Plus à l’ouest, sur la même île, des militants environnementaux parcourent des villages isolés pour promouvoir cette méthode. Ils incitent les chefs locaux à instaurer des interdits similaires, dont la violation peut être sanctionnée par une amende coutumière. Pour ces activistes, la pauvreté et le besoin de terres agricoles restent les principaux moteurs de la déforestation, poussant les communautés à défricher pour cultiver.
À Matantas, le village de Bill Tavue, ses parents déplorent les dommages infligés à la forêt et rappellent l’ancienne éthique de préservation. Malgré sa détermination, le chef coutumier peine à pérenniser son action. Les volontaires qu’il avait formés pour la surveillance ont abandonné, faute de rémunération. Son appel se concentre désormais sur la recherche de financements, comme les crédits carbone, jugés indispensables pour assurer la protection à long terme de ce patrimoine naturel.
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