Monde
Le Sud libanais, un quotidien sous la menace des frappes
Malgré la trêve officielle, les habitants des villages frontaliers vivent dans l’angoisse permanente des bombardements israéliens et voient leurs espoirs de reconstruction s’envoler.
À Qannarit, village du Sud-Liban, Ali al-Dorr évite de regarder les ruines de l’immeuble où son fils avait élu domicile. L’édifice a été pulvérisé lors d’un raid aérien israélien en janvier, réduisant à néant les biens de la famille. Au milieu des gravats qui surplombent la Méditerranée, à une trentaine de kilomètres de la frontière, s’éparpillent encore des cahiers d’écolier et des débris de meubles. Ce chauffeur de car scolaire de soixante-deux ans avait offert ce logement à son fils, qui y vivait avec les siens jusqu’à cette journée du 21 janvier. Ce jour-là, l’armée israélienne a sommé les résidents de plusieurs bâtiments adjacents d’évacuer dans un délai très court avant de procéder au bombardement. Les autorités israéliennes ont justifié cette opération en affirmant viser une infrastructure du Hezbollah, une pratique récurrente malgré l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.
Le calme espéré après près d’un an de conflit intense entre Israël et le mouvement chiite pro-iranien reste un leurre pour les populations locales. Qannarit, paisible localité entourée d’oliviers, avait déjà été touchée pendant les hostilités. Environ cinquante-cinq familles, fuyant des zones encore plus exposées près de la frontière, s’y étaient réfugiées, pensant y trouver un havre de sécurité. Pourtant, les frappes se poursuivent régulièrement, comme en témoignent les bilans humains récents dans le sud et l’est du pays, des régions considérées comme des bastions du Hezbollah. Au-delà des bombardements, la présence incessante de drones israéliens dans le ciel use les nerfs des habitants.
Fatima al-Nassar, une Palestinienne de cinquante-deux ans installée depuis vingt-cinq ans à Qannarit, voit son appartement sévèrement endommagé par le même raid de janvier. Les murs sont éventrés, et le jardin familial, où la culture de légumes assurait un complément de revenu, n’est plus qu’un amas de débris recouverts d’une épaisse poussière. Elle constate, amère, que des années de labeur peuvent être anéanties en un instant et affirme qu’aucune sécurité réelle n’existe dans cette région.
Les deux frappes successives sur Qannarit le 21 janvier ont fait dix-neuf blessés et détruit les foyers de vingt-six familles, tandis que plusieurs centaines d’autres habitations ont été endommagées. Les tentatives de déblayer les ruines ont elles-mêmes été entravées par un nouveau bombardement début février visant un bulldozer sur le site. Les autorités libanaises dénoncent une stratégie délibérée pour paralyser toute reconstruction.
Le traumatisme psychologique s’ajoute aux destructions matérielles. Ahmad al-Awdali raconte que son fils de dix ans, Ali, se trouvait à proximité des engins de chantier lors de cette frappe. Depuis, l’enfant est hanté par la peur, se réveille en sursaut la nuit et interroge sans cesse son père sur la possibilité d’un nouveau bombardement, où qu’ils aillent. L’économie locale est, elle aussi, exsangue. Ali Ghaddar, quincaillier de cinquante-six ans, a vu la devanture de son commerce brisée par les explosions qui ont détruit l’immeuble voisin. Sur ses ruines flotte toujours le drapeau jaune du Hezbollah. Il déplore la mort économique de la région et conteste vigoureusement l’idée que la guerre serait terminée. Pour lui et pour beaucoup d’autres, le conflit se poursuit, transformant le quotidien en une attente anxieuse sous la menace permanente.
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