Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Le Sinaï retrouve ses courses de chameaux interrompues par le coronavirus

Article

le

le-sinai-retrouve-ses-courses-de-chameaux-interrompues-par-le-coronavirus

Eparpillées au pied de l’immense plateau de Tih, au centre du Sinaï, les tentes des bédouins jouxtent à nouveau la piste circulaire où ont lieu les traditionnelles courses de chameaux après plus de six mois d’interruption pour cause de nouveau coronavirus.

La nouvelle est tombée au début du mois: les bédouins du Sud-Sinaï ont enfin reçu le feu vert des autorités égyptiennes pour organiser leurs courses de chameaux.

Dès ce week-end, entourés d’un vaste nuage de poussière, près de 500 chameaux, mâles et femelles, se sont élancés sous les cris enthousiastes de quelque centaines d’hommes portant keffiehs et galabeyas traditionnels.

Ce premier rassemblement n’est qu’un « entrainement pour la course internationale qui devrait avoir lieu en octobre à Charm el-Cheikh (est) », explique à l’AFP Saleh el-Muzaini, 45 ans, président du club de chameaux de Nuweiba, dans l’est de la péninsule du Sinaï.

Comme à chaque édition, une nuée de pick-ups transporte les propriétaires et leur suite, longeant la piste de deux kilomètres pour encourager les chameaux à grands coups de klaxon.

Perpétuer l’héritage

Sur le dos, les bêtes de course portent un jockey mécanique –qui les rend plus légers et rapides que si elles étaient montées par un homme– muni d’une cravache actionnée à distance par les compétiteurs.

Catégorie par catégorie, les chameaux, sélectionnés en fonction de leur âge, font leur entrée sur la piste délimitée par deux remblais de sable.

Dans la foule, Mostafa Abou el Fadl, géologue dans une compagnie pétrolière, est venu du Caire spécialement pour l’occasion avec un groupe d’amis.

« Quand j’ai entendu que la course était de nouveau organisée, j’ai dit à mes amis à quel point c’était fou et merveilleux. Il fallait venir voir ça », raconte le trentenaire.

La course de 2km est bouclée en une dizaine de minutes. Des chameaux montés par des enfants entrent ensuite en piste pour une course effrénée de 10 km.

Pour le cheikh Hassan, de la tribu des Alegat, organisatrice de l’événement, il s’agit de perpétuer l’héritage bédouin.

« Nous avons fait revivre les courses » de chameaux ces dernières années, dit-il à l’AFP.

« Les chameaux ne vont pas disparaitre. S’ils disparaissent, les bédouins aussi disparaitront », poursuit le cheikh, balayant la crise sanitaire du revers de la main.

La pandémie a empêché les grands rassemblements tels que les courses de chameaux, habituellement organisées tous les deux ou trois mois, mais elle n’a pas affecté le Sinaï, assure le cheikh.

La péninsule –qui compte quelques centaines de milliers d’habitants sur une population de plus de 100 millions en Egypte– est un endroit sec et aéré, un désert où la « distanciation » existe de fait, explique-t-il.

Aucune mesure sanitaire n’était en vigueur pendant l’événement et parmi les centaines de participants aucun ne portait de masque.

Près de 100.900 infections au coronavirus, dont près de 5.650 décès, ont été détectées en Egypte, où le gouvernement a décidé de rouvrir graduellement les lieux publics depuis le 1er juillet.

L’interruption des courses a cependant fait perdre de l’argent aux propriétaires de chameaux, souligne le cheikh Hassan.

Les entraineurs, les vétérinaires ont continué d’être payés sans que les chameaux ne génèrent de profits, dit-il, affirmant que les propriétaires ont perdu entre 10 et 15 millions de livres égyptiennes (entre 525.000 et 790.000 euros) ces six derniers mois.

Passion coûteuse

Mais samedi, la journée s’est bien terminée pour Sleiman Hamad, 32 ans, gérant dans une mine de marbre, puisque l’une de ses bêtes est arrivée en tête dans sa catégorie.

« Cela coûte de l’argent mais c’est notre passion », dit-il tout sourire.

Les gagnants repartent avec des trophées et surtout, une cote en hausse pour leurs chameaux.

Ces courses représentent une source de revenus additionnelle pour certains, à condition d’avoir les moyens d’entrainer, de nourrir et de soigner un chameau.

Jusqu’à 2.000 livres par mois (105 euros) et par chameau sont nécessaires juste pour la nourriture.

Selon le cheikh, un chameau bien entrainé peut se revendre jusqu’à deux millions de livres égyptiennes (105.000 euros).

Mais les bédouins du Sud-Sinaï lorgnent du côté des pays du Golfe, spécialistes de la discipline.

« Nous avons besoin de leur aide » financière, dit le cheikh qui rêve de développer l’attrait pour ces courses.

Les compétiteurs espèrent aussi la venue en octobre du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à Charm el-Cheikh pour mettre un coup de projecteur sur leur passion.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Monde

Meta va laisser Donald Trump revenir sur Facebook et Instagram

Article

le

Meta va laisser Donald Trump revenir sur Facebook et Instagram

L’ancien président américain avait été banni du réseau social après l’assaut de ses partisans contre le Congrès, le 6 janvier 2021.

Le géant des réseaux sociaux Meta a annoncé mercredi qu’il allait, dans les prochaines semaines, « mettre fin à la suspension » des comptes de Donald Trump sur Facebook et Instagram, deux ans après l’exclusion de l’ancien président américain suite à l’assaut du Capitole.

« Le public doit pouvoir entendre ce que les personnalités politiques disent afin de pouvoir faire des choix éclairés », a justifié Nick Clegg, le responsable des affaires internationales de Meta, dans un communiqué. « Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de limites à ce que les gens peuvent dire sur notre plateforme. Quand il y a un risque de préjudice dans le monde réel – un risque élevé qui justifie une intervention de Meta dans le débat public – nous agissons », a-t-il précisé.

L’ex-chef d’État américain avait été exclu du réseau social le 7 janvier 2021, alors qu’il était encore au pouvoir, pour avoir encouragé ses partisans lors de l’attaque du Congrès à Washington la veille, une décision sans précédent, imitée à l’époque par la plupart des réseaux sociaux grand public, dont Twitter.

En juin 2021, Facebook avait décidé que l’exclusion durerait deux ans, et que le milliardaire républicain ne pourrait revenir que quand les « risques pour la sécurité du public » auraient « disparu ».

La suspension « devrait ne plus jamais arriver à un président en exercice ou à qui que ce soit qui ne mérite pas de sanctions ! », a réagi Donald Trump depuis son compte sur Truth Social, le réseau social qu’il a lancé l’an dernier.

La semaine dernière, l’ancien président avait officiellement demandé à pouvoir retourner sur Facebook. Son avocat avait adressé une lettre au fondateur et président de Meta, Mark Zuckerberg, l’appelant à ne pas « réduire un candidat à la présidentielle au silence ».

L’homme politique avait déjà été réadmis sur Twitter le 19 novembre 2022, quatre jours après avoir déclaré sa candidature à l’élection présidentielle de 2024. Il n’a toutefois pas encore publié de message sur ce compte, communiquant principalement via sa propre plateforme, Truth Social.

Lire Plus

Europe

Espagne : un sacristain mort et un prêtre blessé dans une attaque à la machette

Article

le

Espagne : un sacristain mort et un prêtre blessé dans une attaque à la machette

Un homme a été interpellé après avoir attaqué à l’arme blanche plusieurs personnes dans un église du sud de l’Espagne.

Un sacristain a été tué mardi 24 janvier et un prêtre grièvement blessé, dans une attaque à la machette dans deux églises d’Algésiras, dans le sud de l’Espagne, a indiqué une source policière à l’AFP, précisant qu’un homme avait été arrêté. Une enquête a été ouverte pour des faits présumés de terrorisme. Elle sera menée par un magistrat de l’Audience nationale, tribunal chargé notamment des affaires de terrorisme, a précisé le parquet, sans donner plus de précisions.

L’attaque à l’arme blanche s’est produite peu avant 20h dans l’église de San Isidro d’Algésiras, a indiqué le ministère de l’Intérieur. Une personne a été tuée à l’extérieur de l’église et une blessée dans l’église, a ajouté le ministère.

Selon un prêtre d’Algésiras, cité par El Pais, «l’agresseur s’est d’abord rendu à la paroisse de San Isidro, où il a attaqué le sacristain». «Quelques instants plus tard, il est allé à l’église de la Plaza de la Palma, où il a rencontré le prêtre dans la rue, l’a attaqué et l’a laissé pour mort. Ensuite, il a semblé aller à l’église de la Virgen de Europa, mais je ne sais pas s’il y est arrivé. Toutes les églises sont situées au centre de la ville», raconte le religieux. Plusieurs sources policières soulignent qu’il y a eu des assauts dans «au moins deux églises». Les mêmes sources confirment que l’agresseur était sans papiers, «sans doute d’origine marocaine».

Peu après l’attaque, le président de la communauté d’Andalousie Juan Manuel Moreno a réagi. «Horrible et déchirant. Un sacristain a été assassiné et au moins un autre prêtre a été blessé dans un attentat qui a eu lieu à Algésiras. Prudence, les faits sont en cours d’investigation. Je condamne fermement le crime. L’intolérance n’aura jamais sa place dans notre société», a-t-il écrit sur Twitter.

Lire Plus

Monde

Guerre en Ukraine : Kiev admet avoir cédé Soledar à la Russie

Article

le

Guerre en Ukraine : Kiev admet avoir cédé Soledar à la Russie

L’armée ukrainienne a admis mercredi avoir cédé aux Russes la ville de Soledar (ici en juin 2022), deux semaines après l’annonce de sa prise par Moscou.

« Après des mois de combats difficiles […], les forces armées ukrainiennes l’ont quittée » pour « se replier sur des positions préparées », a indiqué à l’AFP le porte-parole militaire de la zone est Serguiï Tcherevaty, refusant cependant de préciser quand cette retraite a eu lieu.

À la mi-janvier, la petite ville était au centre d’une bataille acharnée et Moscou en avait revendiqué la prise. Le gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, avait toutefois démentié, assurant que Soledar était « sous le contrôle des autorités ukrainienne ».

Lire Plus

Les + Lus