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Le RN sous les feux de la justice : perquisition au siège et accusations d’acharnement

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Une opération judiciaire d’ampleur secoue le parti d’opposition, tandis que ses dirigeants dénoncent une instrumentalisation des institutions.

Une vingtaine d’enquêteurs de la brigade financière, accompagnés de deux magistrats instructeurs, ont investi mercredi matin les locaux parisiens du Rassemblement national. Selon Jordan Bardella, président du parti, l’intervention a débuté aux alentours de 9 heures, ciblant à la fois les archives centrales et les bureaux des cadres du mouvement. Les forces de l’ordre ont procédé à la saisie systématique de documents comptables, de courriels et de dossiers relatifs aux dernières campagnes électorales – régionales, présidentielles, législatives et européennes.

Le leader frontiste a vivement réagi sur les réseaux sociaux, qualifiant l’opération de « spectaculaire et inédite ». Il y voit une nouvelle manifestation de ce qu’il décrit comme un « harcèlement judiciaire » visant à entraver l’action du principal parti d’opposition. « Jamais sous la Ve République un mouvement politique n’a subi une telle pression », a-t-il affirmé, dénonçant une « atteinte grave au pluralisme démocratique ».

Cette perquisition s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en juillet 2024, suite à un signalement de la Commission nationale des comptes de campagne. L’enquête porte sur les modalités de financement du RN, et plus particulièrement sur les prêts consentis par des particuliers. Bien que légaux, ces mécanismes de crédit – soumis à un plafond strict – ont été massivement utilisés par le parti ces dernières années. Les chiffres officiels montrent en effet que le RN concentrait, à lui seul, plus de 80 % des emprunts politiques enregistrés entre 2021 et 2023.

La situation financière du mouvement suscite des interrogations, avec un encours de dette dépassant 20 millions d’euros fin 2023, selon les données publiques. Les autorités veillent particulièrement au remboursement effectif de ces sommes, sous peine de les requalifier en dons illégaux. Cette affaire intervient parallèlement à une enquête distincte menée par le parquet européen sur d’éventuels détournements de fonds lors de la précédente mandature.

Dans l’entourage du RN, les réactions sont virulentes. Certains élus évoquent une « manœuvre du système » pour discréditer l’opposition, tandis que d’autres dénoncent une « dérive autoritaire ». Le climat politique s’en trouve exacerbé, alors que les tensions institutionnelles ne cessent de croître depuis plusieurs mois.

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