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Le retour des otages, un parcours de l’ombre

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Après l’épreuve de la captivité à l’étranger, des rescapés décrivent un retour en France marqué par l’isolement et le manque de soutien institutionnel, appelant à une meilleure prise en charge de l’État.

Le retour sur le sol national ne signifie pas la fin des épreuves pour les citoyens français libérés après des mois ou des années de détention arbitraire à l’étranger. Plusieurs d’entre eux témoignent aujourd’hui d’un sentiment d’abandon une fois franchies les portes de l’aéroport, décrivant des difficultés administratives, sociales et financières auxquelles ils se trouvent confrontés seuls. L’absence de statut juridique clair et de protocole d’accompagnement structuré transforme, selon leurs dires, le retour en une seconde épreuve.

Un ancien détenu en Iran évoque ainsi l’absence totale d’aide au retour, le contraignant à « serrer les dents » face à l’isolement social, la précarité financière et les démarches administratives complexes. Son seul contact avec les institutions après sa libération, en raison d’un état de santé dégradé, aurait été une admission dans un hôpital militaire parisien. Ces difficultés sont partagées par plusieurs autres personnes, réunies au sein d’une association, qui viennent d’adresser une lettre ouverte au président de la République. Elles réclament la création de droits explicites et opposables pour les anciens captifs et leurs familles.

La question de la qualification juridique de leur détention apparaît centrale. Selon les cas, les autorités françaises délivrent des attestations les désignant comme « otages », « victimes d’enlèvement » ou « détenus arbitraires », sans que les critères de cette classification soient toujours communiqués. Pour certains proches, le fait d’être simplement qualifié de « détenu », sans autre précision, est vécu comme une forme de déni de la spécificité de leur situation, les assimilant à des délinquants de droit commun. Le Quai d’Orsay souligne pour sa part que la qualification de détention arbitraire est une reconnaissance exceptionnelle, réservée à des situations strictement encadrées.

Au-delà des mots, c’est le quotidien du retour qui s’avère éprouvant. Des témoignages font état de l’absence de bilan de santé systématique, de la nécessité de financer soi-même des soins spécialisés ou des conseils juridiques pour engager des démarches d’indemnisation. Un rescapé récemment libéré d’une prison vénézuélienne raconte avoir passé sa première nuit de liberté sur un canapé chez un parent, sans prise en charge immédiate. Le ministère des Affaires étrangères affirme pourtant qu’une attention particulière est portée à la situation des personnes après leur retour, en citant les dispositifs interministériels d’aide aux victimes.

Le choc du retour se prolonge souvent dans les rapports avec l’administration, décrits comme un parcours semé d’embûches. Un ancien otage relate ainsi un échange surréaliste avec le fisc, l’agent refusant de comprendre que déclarer ses revenus était impossible depuis une prison iranienne. Cette impossibilité d’être « mis dans une case » administrative reflète, selon lui, l’inadaptation des procédures existantes. La reconstruction passe aussi par le retour dans le cercle familial et social, une étape que d’autres décrivent comme profondément violente et déstabilisante.

Aujourd’hui, certains consacrent leur énergie à faire reconnaître leur statut de victime auprès d’instances internationales, un processus qu’ils jugent aussi épuisant que nécessaire. L’un d’eux confie devoir passer ses journées à raconter les sévices subis ou observés, une réalité qu’il qualifie de surréelle, loin de la vie paisible qu’il menait avant son arrestation. Leur combat collectif vise désormais à obtenir une reconnaissance officielle et un accompagnement durable de la part des pouvoirs publics, pour que la libération ne soit plus synonyme de nouvel isolement.

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