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Le réchauffement climatique, un facteur aggravant pour les incendies en Amérique du Sud

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Une étude scientifique établit un lien direct entre l’activité humaine et les conditions extrêmes ayant alimenté les feux dévastateurs au Chili et en Argentine au début de l’année.

Les conditions météorologiques extrêmes qui ont favorisé la propagation de vastes incendies au Chili et en Argentine cet été austral ont été rendues nettement plus probables par le changement climatique d’origine anthropique. C’est la conclusion d’un rapport du réseau World Weather Attribution, qui estime que le réchauffement a multiplié par environ 2,5 à 3 la probabilité d’apparition de ces paramètres critiques. Les chercheurs ont analysé un indice combinant vents, températures et humidité, ainsi que les déficits pluviométriques records enregistrés entre novembre et janvier.

Les événements ont eu des conséquences dramatiques. Au Chili, les feux de janvier ont provoqué la mort d’au moins vingt-et-une personnes, déplacé près de vingt-deux mille habitants et ravagé plus de quarante-deux mille hectares de forêts. En Argentine, plusieurs foyers actifs depuis le début de l’année ont consumé plus de soixante mille hectares, nécessité l’évacuation de trois mille touristes et atteint des zones naturelles protégées, dont le parc national Los Alerces, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

L’analyse quantitative révèle que les régions touchées ont reçu entre vingt et vingt-cinq pour cent de précipitations en moins que ce qu’elles auraient connu dans un climat non perturbé par les émissions de gaz à effet de serre. Au phénomène structurel du réchauffement s’est ajouté l’influence, bien que moindre, de l’épisode La Niña, qui a contribué à assécher les sols. Cette combinaison a créé une aridité exceptionnelle, transformant la végétation en combustible idéal pour des incendies d’une intensité et d’une durée inhabituelles.

Les scientifiques pointent également des facteurs humains non climatiques ayant exacerbé les risques. La présence de vastes plantations de pins, des essences particulièrement inflammables, a accru la probabilité de feux violents. En Argentine, des coupes budgétaires affectant les services de lutte contre les incendies ont parallèlement affaibli les capacités de réponse des autorités. La situation a mis en péril des écosystèmes uniques, notamment les forêts d’alerces, des conifères millénaires dont l’état exact après le passage des flammes reste à évaluer.

Cette étude confirme que le changement climatique agit comme un multiplicateur de menaces, amplifiant des conditions météorologiques propices aux catastrophes. Elle souligne l’urgence d’adapter à la fois la gestion des territoires forestiers et les politiques de prévention pour faire face à cette nouvelle réalité.

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