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Le procès historique des commanditaires présumés de Marielle Franco s’ouvre

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_**Huit ans après l’assassinat de la conseillère municipale de Rio, symbole des luttes sociales, la justice brésilienne examine le rôle des accusés, dont d’anciens élus, dans ce crime qui avait ému le pays.**_

L’audience capitale s’est ouverte mardi devant le tribunal suprême. Elle vise à établir les responsabilités dans la mort de Marielle Franco et de son chauffeur, Anderson Gomes, abattus en mars 2018. Les exécutants, déjà condamnés à de longues peines de prison l’an dernier, avaient identifié les commanditaires présumés.

Le parquet fédéral poursuit notamment deux frères, anciens parlementaires, Chiquinho et Domingos Brazao. Les enquêteurs estiment que le meurtre fut ordonné en raison des positions de l’élue, qui s’opposait à des projets d’urbanisme controversés dans des zones convoitées. Issue des favelas, Marielle Franco incarnait un engagement sans faille pour les droits des populations noires, des femmes et des minorités.

La famille de la victime, dont la sœur Anielle Franco, aujourd’hui ministre, assiste aux débats. Dans une récente tribune, la veuve de la conseillère a exprimé sa confiance dans le verdict à venir, tout en mettant en garde contre la persistance des réseaux criminels à l’origine du crime. Elle faisait allusion aux milices, des groupes paramilitaires nés à Rio de Janeiro et impliqués dans diverses activités illégales, souvent avec des complicités politiques.

Trois autres hommes, dont un ancien haut responsable de la police civile de Rio, Rivaldo Barbosa, sont également jugés pour leur implication présumée dans l’organisation ou l’obstruction de l’enquête. Tous les accusés sont en détention ou assignés à résidence.

Les condamnations prononcées en 2024 contre les tireurs reposaient en partie sur des accords de collaboration avec la justice. L’un d’eux avait évoqué une prime substantielle pour passer à l’acte. La défense des frères Brazao conteste la fiabilité de ces témoignages, mais la Cour suprême a considéré que l’instruction recelait suffisamment d’éléments convergents pour justifier un procès.

La compétence de la plus haute juridiction du pays s’explique par l’immunité parlementaire dont bénéficiait l’un des accusés au moment des faits. Le juge rapporteur, Alexandre de Moraes, qui préside également le procès de l’ancien président Jair Bolsonaro, dirigera les débats. Cette audience marque une étape décisive dans une affaire devenue emblématique des violences politiques et des luttes pour les droits humains au Brésil.

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