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Le procès d’un jihadiste français révèle l’horreur systématisée de l’esclavage sexuel des Yazidies

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Pour la première fois en France, la justice examine les crimes de génocide commis contre la minorité yazidie. Les témoignages décrivent une entreprise de traite humaine organisée par l’État islamique, où femmes et enfants étaient réduits à l’état de marchandises.

Devant la cour d’assises de Paris, la parole se libère sur un chapitre encore trop méconnu des exactions perpétrées par l’organisation État islamique. Le procès par défaut de Sabri Essid, jihadiste français présumé mort en Syrie, met en lumière le sort réservé aux femmes et aux filles de la communauté yazidie. Un témoin clé, Bazhad Farhan, a décrit devant les jurés le système méthodique de réduction en esclavage et de traite instauré par les combattants.

À la tête de l’association Kinyat, cet homme de 38 ans a consacré des années à documenter ces crimes et à œuvrer pour la libération, souvent par rachat, de plus d’une cinquantaine de captives. Son récit a détaillé le fonctionnement de véritables marchés en ligne, où les membres de l’EI échangeaient des êtres humains via des groupes de messagerie cryptée. Les annonces, lues à l’audience, parlaient d’elles-mêmes, évoquant des transactions où une femme pouvait être troquée contre une paire de chaussures.

L’enquête judiciaire, présentée la veille, a confirmé l’existence d’une organisation structurée de traite des êtres humains. Les victimes, qualifiées de « butin de guerre » par leurs bourreaux, subissaient un tri avant d’être vendues et revendues, passant de geôlier en geôlier. Certaines ont enduré des sévices répétés, devenant la « propriété » successive de nombreux hommes.

Bazhad Farhan a expliqué la logique qui régissait ce commerce. Les prix variaient en fonction de l’âge et de critères physiques, les fillettes les plus jeunes étant parfois gardées pour prendre de la valeur. Les garçons, quant à eux, étaient destinés à des tâches domestiques ou, plus âgés, enrôlés de force. Le témoin a résumé cette vision avec des mots glaçants, affirmant que pour leurs ravisseurs, ces personnes n’étaient que des « objets sexuels ».

Ce procès historique vise à établir les responsabilités dans ce qui est qualifié de génocide par la justice française. Au-delà de la sanction pénale, il s’agit de graver dans les mémoires judiciaires la réalité de ces crimes, pour que, comme l’a exprimé le témoin, l’histoire ne se répète pas.

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