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Économie

Le port du Havre sous contrôle des agriculteurs

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Une centaine de producteurs ont établi un dispositif de contrôle à l’entrée du terminal portuaire pour exprimer leur opposition au traité commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.

Une opération de surveillance inédite se déroule depuis dimanche aux abords du port du Havre. Environ une centaine d’agriculteurs, établis sur place depuis la nuit précédente, procèdent à des vérifications sur les flux de marchandises. Cette initiative, qualifiée de barrage filtrant, vise à interpeller l’opinion publique et les autorités sur les conséquences attendues de l’accord commercial conclu entre Bruxelles et les nations du Mercosur.

Les organisateurs, issus notamment du syndicat Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime, affirment vouloir identifier les denrées alimentaires ne respectant pas les standards sanitaires et environnementaux imposés aux producteurs locaux. Leur action se veut ciblée, avec l’objectif affiché de perturber le moins possible l’activité portuaire et le travail des dockers. Un système de relève a été mis en place avec des collègues venus de Normandie et de régions limitrophes pour maintenir une présence continue.

Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement de protestation plus large observé ces derniers jours sur le territoire national, avec notamment des actions sur des axes autoroutiers dans le sud-ouest du pays. La veille, plusieurs centaines de producteurs, certains accompagnés de leurs engins agricoles, s’étaient rassemblés sur le pont de Normandie avant de converger vers le port sans rencontrer d’opposition des forces de l’ordre.

Les manifestants redoutent que le traité, en abaissant substantiellement les droits de douane, n’entraîne une augmentation des importations de produits agricoles sud-américains, comme la viande bovine, la volaille ou le soja. Ils estiment que ces produits, moins coûteux, ne seront pas soumis aux mêmes exigences réglementaires que celles qui s’appliquent aux exploitants européens, créant ainsi une distorsion de concurrence préjudiciable.

En contrepartie de ces ouvertures commerciales, l’accord doit favoriser les exportations européennes de biens industriels et de certains produits agroalimentaires comme les vins, les spiritueux ou les fromages. Pour les agriculteurs présents au Havre, ce compromis ne compense pas les risques perçus pour la souveraineté alimentaire et la pérennité des modèles de production européens.

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