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Le PKK tourne la page : une cérémonie historique pour enterrer les armes

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Dans les montagnes du Kurdistan irakien, des combattants ont symboliquement brûlé leurs fusils, marquant un tournant dans un conflit vieux de quatre décennies.

Une page de l’histoire se tourne dans les montagnes du Kurdistan irakien. Vendredi, une trentaine de combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) ont déposé leurs armes lors d’une cérémonie chargée d’émotion. Fusils et cartouchières ont été jetés dans une vasque avant d’être réduits en cendres, sous les acclamations d’une foule de 300 personnes. Deux responsables du mouvement, Bese Hozat et Behzat Carçel, ont salué cette initiative comme une « opération historique », appelant à une ère de paix et de démocratie pour le peuple kurde.

La scène s’est déroulée près de la grotte de Casene, un lieu symbolique ayant abrité autrefois l’imprimerie d’un des premiers journaux kurdes. Des représentants des autorités irakiennes et kurdes, ainsi que des membres du parti turc pro-kurde DEM, assistaient à l’événement. Malgré ce geste fort, les combattants ont regagné leurs bases dans les montagnes voisines, où le PKK, toujours classé comme organisation terroriste par Ankara et ses alliés, maintient sa présence.

Pour la Turquie, ce désarmement symbolique représente une victoire politique majeure. Le gouvernement d’Erdogan y voit un « tournant irréversible » vers une stabilisation de la région, tout en se gardant de toute concession tangible, comme une amnistie pour les combattants. Le processus, initié après l’appel au désarmement lancé en février par Abdullah Öcalan, le leader emprisonné du PKK, reste fragile. Les frappes turques se poursuivent en Irak, et la méfiance entre les deux camps demeure palpable.

Si ce geste ouvre une porte vers la paix, les défis sont immenses. Aucun médiateur international ne supervise les négociations, et les garanties manquent pour assurer une transition durable. Pour l’instant, la cérémonie de Souleimaniyeh reste un symbole – puissant, mais encore incertain – d’une possible réconciliation.

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