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Le PKK engage un geste historique vers la paix en Irak

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Une trentaine de combattants ont symboliquement détruit leurs armes lors d’une cérémonie chargée d’émotion, marquant une étape clé dans un conflit vieux de plusieurs décennies.

Dans une démarche inédite, des membres du Parti des Travailleurs du Kurdistan ont procédé à la destruction publique de leurs fusils et munitions lors d’un rassemblement organisé près de Souleimaniyeh, dans le Kurdistan irakien. Vêtus de treillis, hommes et femmes ont tour à tour jeté leurs armes dans un bûcher, sous les applaudissements d’une assistance composée de représentants politiques et de civils. Deux responsables du mouvement ont lu une déclaration saluant cette initiative comme un « acte démocratique » ouvrant la voie à une résolution pacifique du conflit.

Cette séquence intervient après l’appel lancé en février par Abdullah Öcalan, fondateur emblématique du PKK, incitant ses partisans à abandonner la lutte armée. Emprisonné depuis plus de vingt ans en Turquie, le leader kurde a réaffirmé cette position dans un message vidéo diffusé quelques jours avant la cérémonie, plaidant pour « le primat du dialogue politique ». Les autorités turques, par la voix de la présidence, ont salué une « étape irréversible » vers la stabilité, tout en maintenant leurs opérations militaires contre les bases du groupe en Irak.

Les observateurs soulignent cependant les défis persistants. Aucun mécanisme de garantie internationale n’encadre ce processus, et les combattants kurdes n’ont obtenu aucune promesse formelle d’amnistie. Par ailleurs, les frappes aériennes turques se poursuivent dans les zones frontalières, alimentant les doutes sur la sincérité des engagements. Malgré ces incertitudes, l’événement de Souleimaniyeh représente un tournant symbolique pour un mouvement contraint à la clandestinité depuis des décennies, tandis qu’Ankara y voit l’occasion de consolider son image de garant de l’ordre.

La question kurde, longtemps synonyme de tensions régionales, entre ainsi dans une phase nouvelle, où les armes cèdent progressivement la place aux négociations. Reste à savoir si ce geste ouvrira effectivement la porte à une normalisation durable, dans un contexte géopolitique encore marqué par de profondes méfiances.

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