Nous rejoindre sur les réseaux

Faits Divers

Le paradoxe glacial d’une mère face à ses bébés

Article

le

_**Les experts psychiatres ont tenté d’éclairer, lors du procès d’Avignon, le geste d’une femme jugée pour la mort de deux nouveau-nés, geste mêlant destruction et conservation.**_

Les débats à la cour d’assises du Vaucluse ont été marqués par les auditions des psychiatres, venus décrypter l’état d’esprit de l’accusée. Leurs analyses ont mis en lumière un mécanisme psychique complexe, où la volonté d’effacer l’existence de l’enfant a coexisté avec un besoin de préserver son enveloppe corporelle. Selon un expert, la congélation des corps répondait à cette contradiction profonde. Une autre spécialiste a évoqué une tentative illusoire de suspendre le temps, face à une réalité insupportable.

Les circonstances entourant les deux décès, survenus à un an d’intervalle, ont été présentées comme radicalement distinctes par les médecins. Le premier, consécutif à un accouchement solitaire et non assumé, a été qualifié de néonaticide. Les experts ont décrit un état de dissociation psychique chez la mère, un déni tel que l’enfant n’était pas perçu comme une personne à part entière. Cette altération du discernement a été soulignée.

En revanche, le second décès, celui d’une petite fille prénommée et connue de ses sœurs aînées, relèverait selon les psychiatres de l’infanticide, engageant selon eux la pleine responsabilité pénale de la prévenue. L’enfant serait décédée des suites d’une chute, avant d’être également placée au congélateur.

Le portrait psychologique dressé par plusieurs spécialistes est celui d’une personnalité carencée, au fonctionnement immature et dépendant. Les expertes ont pointé un rapport pathologique à la maternité, évoquant une forme de toute-puissance où l’enfant est réduit à l’état d’objet. L’incapacité à établir un lien affectif avec sa progéniture a été mise en avant, de même qu’une absence d’empathie manifeste.

Les causes médicales précises des décès n’ont pu être établies avec certitude par les médecins légistes, qui ont seulement confirmé que les deux nourrissons étaient nés vivants. Pour la présidente de la cour, ce constat s’efface devant l’ultime réalité, celle d’une fin commune dans le froid du congélateur.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus