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Le MoDem retrouve son rythme de croisière après l’épisode Matignon

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Trois semaines après la démission de François Bayrou, le parti centriste entame sa rentrée politique dans le Vaucluse, affichant sa détermination à influencer les prochains débats budgétaires tout en pansant ses blessures.

Le Mouvement démocrate a choisi L’Isle-sur-la-Sorgue pour sa traditionnelle université d’automne, abandonnant pour cette édition le Morbihan habituel. Au programme de ce rassemblement figurent des conférences, des échanges et des activités conviviales, dont les désormais célèbres « foulées démocrates » organisées à l’aube. Plusieurs personnalités extérieures ont été conviées, parmi lesquelles Gabriel Attal et Renaud Muselier, tandis que d’autres invités pressentis ont finalement décliné l’invitation.

Cette rencontre revêt une importance particulière puisqu’elle marque le premier grand rendez-vous public de François Bayrou depuis son départ précipité de Matignon. L’ancien Premier ministre, qui s’exprimera dimanche devant les militants, avait qualifié la situation budgétaire de « plus grave que la France ait rencontrée depuis soixante ans » lors de son intervention préliminaire vendredi. Il avait alors déploré le refus du Parlement de « reconnaître la réalité de la situation » et souligné la nécessité pour le pays de « se réinventer ».

En coulisses, les cadres du parti affichent une unité de façade autour de leur leader historique. Certains observateurs notent cependant que des frustrations persistent au sein de la formation, même si la discipline de groupe reste la règle. Une source proche du parti évoque une capacité de résilience collective, comparant l’attitude du MoDem à un « mode tortue » en période difficile.

Quelques voix s’élèvent discrètement pour regretter le « gâchis » d’un passage à Matignon trop bref, tout en espérant que l’urgence budgétaire finira par donner raison à leur leader. Le groupe parlementaire centriste entend peser sur les discussions à venir en défendant plusieurs propositions fiscales, dont un impôt sur la fortune improductive et une modulation de la flat tax. Ces orientations rencontrent toutefois un accueil réservé de la part du gouvernement, qui a d’ores et déjà écarté le retour de l’ISF.

Interrogé sur ses ambitions pour l’échéance présidentielle de 2027, François Bayrou a éludé la question, tout en laissant entendre que le scénario de cette élection restait ouvert. Le parti centriste semble désormais engagé dans un travail de reconstruction, cherchant à retrouver son influence dans le paysage politique tout en digérant les enseignements de son récent passage au pouvoir.

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