Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Le Japon mise sur un tournoi international pour redorer le blason des barbiers

Article

le

Face à la désaffection des jeunes clients, la profession cherche à se réinventer en mêlant technique et spectacle.

Dans une ambiance électrique, un stade tokyoïte habituellement dédié à la boxe a vibré lundi au rythme d’une compétition insolite. Des barbiers venus du Japon et d’ailleurs se sont affrontés lors d’un tournoi mondial, mêlant dextérité et performance artistique sous les hourras d’un public conquis.

Cet événement s’inscrit dans une démarche plus large visant à séduire une clientèle masculine qui délaisse progressivement les échoppes traditionnelles au profit des salons de coiffure. Les organisateurs entendent ainsi ériger la visite chez le barbier en véritable rituel culturel, à l’image de pratiques observées dans d’autres pays.

Le secteur fait face à un défi générationnel. Alors que les influenceurs et les stars locales popularisent des coupes plus longues et sophistiquées, les barbiers japonais, réputés pour leur précision technique, peinent à rivaliser en termes d’image. La télévision et les réseaux sociaux ont progressivement élevé les coiffeurs au rang d’icônes stylistiques, reléguant les artisans traditionnels à l’arrière-plan.

Pourtant, une nouvelle vague de professionnels émerge, déterminée à moderniser la profession. Parmi eux, des figures comme Shoma Sugimura, finaliste du concours, incarnent cette mue en assumant un style résolument contemporain. Les critères du tournoi reflètent cette évolution, privilégiant autant la maîtrise technique que la capacité à captiver l’audience.

Des experts internationaux ont souligné la dimension sociale du métier. « La coiffure dépasse l’esthétique, c’est un langage universel », a relevé l’un des juges, insistant sur son rôle identitaire. Certains participants envisagent d’ailleurs de s’inspirer du modèle américain, où chaque coupe raconte une histoire personnelle.

Avec environ 110 000 établissements contre le double de salons classiques, la profession mise sur ce type d’initiatives pour retrouver son lustre d’antan. L’enjeu est de taille transformer des lieux de service en espaces d’expression, où chaque client pourrait affirmer sa singularité. Une reconversion aussi audacieuse que nécessaire pour cet artisanat en quête de renaissance.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus