Économie
Le gouvernement tente d’apaiser la fronde agricole par des mesures ciblées
Face à une mobilisation qui persiste, l’exécutif dévoile un ensemble de dispositions financières et réglementaires, tout en maintenant une ligne ferme sur plusieurs dossiers sensibles, dont l’accord commercial avec le Mercosur.
Le pouvoir a présenté, vendredi soir, une série d’annonces qualifiées de « mesures de justice agricole ». Cette initiative intervient après plusieurs semaines de tensions et d’actions menées par la profession, dont des manifestations à Paris ces derniers jours. Le dispositif comprend notamment le doublement, à 22 millions d’euros, d’un fonds de soutien aux éleveurs confrontés à la dermatose nodulaire, un assouplissement des règles concernant les tirs de loups pour la protection des troupeaux, ainsi qu’une simplification des formalités liées à l’usage des produits phytosanitaires.
Ces décisions s’inscrivent dans un « paquet » plus large évalué à 300 millions d’euros, incluant des engagements antérieurs sur les engrais, les ressources hydrauliques ou l’aide à la restructuration viticole. La ministre des Comptes publics a toutefois conditionné leur mise en œuvre au maintien du gouvernement et à l’adoption du projet de loi de finances, soulignant l’impasse qu’entraînerait une crise institutionnelle. Parallèlement, la ministre de l’Agriculture a évoqué une possible évolution du protocole d’abattage systématique des troupeaux touchés par la dermatose, sous réserve de l’établissement d’une « immunité collective » par vaccination et d’un avis scientifique favorable. Une ouverture qui ne semble pas répondre pleinement aux exigences de syndicats comme la Coordination rurale ou la Confédération paysanne, qui réclament l’abandon pur et simple de cette pratique.
La grogne des agriculteurs trouve également sa source dans la perspective imminente de la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, prévue le 17 janvier. Les principales organisations professionnelles, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, ont appelé à une manifestation le 20 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg. Elles dénoncent une concurrence jugée déloyale, fondée sur des standards sanitaires et environnementaux moins exigeants que ceux en vigueur sur le continent. Pour les exploitants, cet épisode symbolise un affaiblissement de l’influence française à Bruxelles, renforçant un sentiment de défiance à l’égard du monde politique après plusieurs années de mobilisations répétées.
La journée de vendredi a été marquée par une cinquantaine d’actions locales à travers le pays, allant du blocage d’axes routiers à des rassemblements devant les préfectures. Un mouvement qui a trouvé des échos dans plusieurs autres États membres de l’UE. À Paris, une opération « escargot » menée au petit matin sur le périphérique par la Confédération paysanne a conduit à l’interpellation de deux de ses porte-parole, rapidement relâchés dans la soirée. L’organisation a dénoncé une répression à son encontre qu’elle estime discriminatoire. Le ministre de l’Intérieur a pour sa part justifié le traitement différencié des actions, assumant de ne pas avoir dispersé un rassemblement non déclaré de la Coordination rurale dans la capitale la veille. Les tensions se sont aussi manifestées devant le siège de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, où des œufs ont été lancés contre la façade par des manifestants.
Si le président de la Coordination rurale a invité ses partisans à regagner leurs fermes, il a simultanément laissé entendre que la mobilisation n’était pas terminée. Le gouvernement, quant à lui, tout en reconnaissant la gravité du « signal d’alarme » que constitue cette défiance, a salué le caractère globalement pacifique des manifestations, à l’exception de quelques incidents. La crise agricole, profondément ancrée, semble entrer dans une nouvelle phase, où les concessions annoncées peinent à convaincre l’ensemble d’une profession unie par un profond sentiment d’urgence et d’injustice.
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