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Le gouvernement japonais fragilisé par un scrutin historique

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La coalition au pouvoir perd sa majorité à la chambre haute, tandis qu’un parti populiste réalise une percée inédite.

Les élections sénatoriales au Japon ont infligé un sérieux revers à la majorité gouvernementale. Selon les estimations, la coalition menée par le Premier ministre Shigeru Ishiba ne parviendrait pas à conserver la majorité à la chambre haute du Parlement. Avec seulement 41 sièges remportés sur les 125 en jeu, le Parti libéral-démocrate (PLD) et son allié Komeito se retrouvent en net recul, loin du seuil des 50 sièges nécessaires pour maintenir leur contrôle.

Cette défaite intervient dans un contexte économique tendu, marqué par une inflation persistante et une flambée des prix alimentaires, notamment celui du riz, dont le coût a doublé en un an. Les mesures d’urgence prises par l’exécutif, comme les subventions énergétiques ou les distributions de riz des réserves nationales, n’ont pas suffi à rassurer les électeurs. Parallèlement, les tensions commerciales avec les États-Unis pèsent sur les exportations automobiles, secteur clé de l’économie nippone.

La montée en puissance du parti Sanseito, formation nationaliste hostile à l’immigration, a également marqué ce scrutin. Avec 16 sièges conquis contre deux auparavant, ce mouvement populiste, qui prône un repli protectionniste et s’oppose aux politiques de diversité, s’impose comme une force politique nouvelle. Son ascension pourrait compliquer la formation d’une majorité stable, alors que le PLD, déjà minoritaire à la chambre basse, doit désormais composer avec une opposition fragmentée.

Les observateurs s’interrogent sur l’avenir de Shigeru Ishiba, dont la démission est évoquée après ce résultat en deçà des attentes. Si certains estiment que les négociations commerciales en cours avec Washington pourraient lui offrir un répit, d’autres jugent sa position intenable. Une coalition élargie avec le Parti démocrate constitutionnel, principale formation d’opposition, est envisagée pour éviter une paralysie institutionnelle.

Cette élection pourrait marquer un tournant dans la vie politique japonaise, confrontée à une situation inédite depuis l’après-guerre. Entre crise économique, recomposition des forces politiques et incertitudes diplomatiques, le pays entre dans une période de turbulences.

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